Algérie : pas content du tout, Tebboune, contre les Emirats, le Maroc et Israël
Le Président algérien a lâché la bride aux médias qui foncent dans le tas : les Emirats « dirigés par un Netanyahou au sadisme outrancier », le Maroc, dont la Première ministre pose problème : « Comment procéder lors des fêtes de l'Aïd si elles coïncident avec ses menstruations ? »

Le président algérien Abdelmajid Tebboune est très en colère, et il a convoqué la presse nationale, en direct à la télévision, pour le faire savoir. Le principal objet de son courroux : les Emirats arabes unis, qu’il accuse d’avoir franchi une ligne rouge et de menacer la sécurité nationale. Et pour cause : ils auraient, a-t-il martelé, fomenté un coup d’Etat au Niger, Alger ayant dû dépêcher plusieurs chasseurs à Niamey pour soutenir les autorités et rétablir l’ordre. D’où sa décision de rompre unilatéralement, et « de manière irrévocable », les relations avec Abou Dhabi.
Depuis, le président Tebboune à lâché la bride aux médias algériens pour mener campagne contre tous les « ennemis ».
Les Emirats arabes unis, « obscènes et arrogants »
Le quotidien islamo-nationaliste Echorouk, considéré comme un porte-parole officieux du président Tebboune, a ouvert le feu, dressant un parallèle entre la gestion de la manne pétrolière par la Norvège et les Emirats. En Norvège, grâce à cette manne, « le citoyen se sent puissant et libre ». En revanche, aux Emirats, elle a « conduit à l’obscénité et à l’arrogance. Le citoyen est terrifié à l’idée de perdre cette bénédiction, ce qui l’oblige à solliciter l’aide de grands pays et d’entités, tels des gardes du corps ».
Et d’ajouter : « Ce que la Norvège, pays scandinave, a fait pendant les années de génocide contre le peuple palestinien mérite le respect, tandis que ce qu’ont fait les Émirats arabes unis, un pays arabe, est odieux. Les Émirats, forts de leur seul argent, veulent imposer leur loi aux pays du monde, dilapidant cet argent dans le Sahel, au Soudan, au Yémen, en Libye, en Somalie et dans d’autres pays, en créant des milices et en les armant, dans le but de diviser le monde et de le réduire à néant, à l’image de la carte dessinée en Grande-Bretagne, telle qu’elle a été conçue pour l’entité sioniste. »
Une idée ainsi résumée : « Dirigés par Netanyahou avec un sadisme outrancier, les Emirats lui obéissent avec un masochisme humiliant. »
Au Maroc, la « Commandeure des croyants » « candidate d’Israël »
Le même Echourouk tire aussi à boulets rouges contre le Maroc. Il rappelle les déboires conjugaux du roi, mais s’en prend surtout à la Première ministre récemment nommée, Fatima Mansouri : « Après le ‘‘Commandeur des croyants’’, les Marocaines rêvaient d’avoir une ‘‘Commandeure des croyantes’’ et Mohammed VI les a exaucées. (…) Elle portait habituellement un pantalon mais, devant son maître, elle l’a imité en portant une djellaba (…) ».
« Le Commandeur des croyants est plus soumis aux Juifs qu’ils ne le sont à eux-mêmes. »
Et il lance un appel aux siens : « J’attends la réaction de l’islamiste Abdelilah Benkirane, chef du PJD, qui a déjà accusé Mansouri d’être la candidate d’Israël à ce poste. Le Commandeur des croyants est plus soumis aux Juifs qu’ils ne le sont à eux-mêmes. Comment pourrait-il en être autrement, puisque son principal conseiller est André Azoulay, qui lui souffle les ordres et à qui il ne peut désobéir ? (…) »
Et de soulever un autre point : « Comment Mansouri accomplirait-elle la prière protocolaire devant le Commandeur des Croyants ? Et comment procéder si l’une ou les deux fêtes de l’Aïd coïncident avec les menstruations de Mansouri ? » Par ricochet, l’auteur qualifie le président des Emirats, Mohammed ben Zayed, de « Commandeur des corrompus ».
De l’influence des sionistes en Libye…
Le quotidien algérien el-Khabar met en garde contre l’influence grandissante des Emirats arabes unis et des sionistes en Libye. « Alors que l’Algérie appelle à mettre un terme aux ingérences étrangères dans ce pays, des informations font état de contacts entre Saddam Haftar, le fils et dauphin du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est libyen, avec les dirigeants émiriens et israéliens. Haftar s’est rendu à Abou Dhabi, le 27 septembre, où il a rencontré le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Haftar cherche des appuis régionaux pour s’imposer sur l’échiquier libyen et succéder à son père. L’axe criminel israélo-émirien tente de s’ingérer de plus en plus dans les affaires arabes et africaines depuis 2020, date de la signature de leur alliance dans le cadre des accords d’Abraham ».
Le quotidien met en garde contre la tentation de cette alliance criminelle de s’en prendre à l’Algérie, après avoir déstabilisé le Soudan et la Libye.