Andrea Bocelli, boycotté pour israélophilie
Le ténor, star internationale du crossover, ne plaît pas du tout aux Frères musulmans. Il est trop allé en Israël chanter pour la paix, il a eu trop d'empathie pour les otages. Il devrait se produire le 27 novembre en Jordanie. La campagne de boycott des islamistes puissants dans le pays réussira-t-elle ?

Il est supposé se produire à Borobodur, Petra et Jakarta. Mais le chanteur italien Andrea Bocelli fait l’objet de campagnes d’appels au boycott… en raison de ses voyages en Israël et de ses messages de sympathie aux otages israéliens détenus par le Hamas.
Tout a commencé par la Jordanie, où le ténor italien est supposé se produire le 27 novembre, à Petra. Depuis Londres, le quotidien al-Araby, proche des Frères musulmans, a égrené les dates des voyages d’Andrea Bocelli en Israël, dont des concerts à Tel Aviv en 2008 et 2022, et pointé sa participation au gala de charité organisé par les Amis des Forces de défense israéliennes à Los Angeles, récoltant 8,75 millions de dollars. Mais n’a-t-il pas aussi, dit le quotidien, confié au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou que s’il pouvait s’installer n’importe dans le monde, il choisirait Israël ? Pour ses détracteurs, un fait est certain : les prises de position pro-israéliennes de Bocelli rendent sa présence à Petra « inacceptable ».
Contraire aux valeurs de l’islam
Le Conseil indonésien des oulémas a embrayé, réclamant, pour le même motif, l’annulation de deux concerts prévus le 31 octobre à Borobudur, sur l’île de Java, le 31 octobre également, et à Jakarta, le 3 novembre. Selon le Conseil, accueillir un artiste soutenant Tsahal serait contraire aux valeurs de l’islam.
Aucune décision officielle n’a encore été prise. Mais on peut craindre un effet de mimétisme dont pâtiront les habitants des régions embrigadées par les boycotteurs.