Une loi contre l’antisémitisme entre en vigueur sur les campus français
En lieu et place d’un système biaisé de commissions de discipline, la nouvelle loi contre l’antisémitisme à l’université est supposée protéger les étudiants juifs, victimes de trop de haine. Elle est belle sur le papier, mais…

« Je ne parle pas aux sionistes. » Voici une phrase trop entendue par les étudiants juifs de France, surtout depuis le 7-Octobre. Un mois après la tragédie, un sondage Ifop donnait froid dans le dos : neuf étudiants juifs sur dix rencontraient l’antisémitisme sur les campus.
Adoptée il y a quelques mois, et entrée pleinement en vigueur à la rentrée 2026, la loi de lutte contre l’antisémitisme à l’Université mettra-t-elle un terme à ce cauchemar ?
Elle remplace un système qui n’a pas fait ses preuves : des commissions de discipline internes, composées d’étudiants et d’enseignants… souvent issus de groupes syndicaux et d’associations politisées, faisant souvent semblant d’oublier que, dans la bouche des nouveaux antisémites, « sioniste » veut dire « juif ». La victime, elle, n’était pas entendue, ni intégrée au processus.
Un point faible : la loi ne définit pas l’antisémitisme
Ce sont ces problèmes structurels que la nouvelle loi, dite Levi-Fialaire – du nom des sénateurs qui l’ont proposée -, vient combattre.
Celle-ci impose plusieurs obligations aux universités. D’abord, assurer une formation à la lutte contre l’antisémitisme, le racisme, les discriminations, les violences et la haine. Ensuite, créer une mission « égalité et diversité » et désigner un référent racisme et antisémitisme. Enfin, mettre en place un dispositif de signalement avec un bilan chiffré et former les membres des sections disciplinaires.
Reste un point faible, capital : la loi ne définit pas l’antisémitisme. Et elle manque de moyens dédiés.
La balle est maintenant dans le camp des présidents d’universités. D’après la loi, ceux-ci ont le choix d’user ou non de leur pouvoir de lutter contre l’antisémitisme sur leur campus.