La victoire iranienne sur le narratif
La guerre, le détroit d’Ormuz… tout ne serait que mensonge et censure en Occident, qui dissimule les victoires de l’Iran.
Jafar Bolouri, éditorialiste de la ligne dure du journal Keyhan, la Pravda du régime, met en avant les victoires du régime iranien « malgré les mensonges américains ». Et il s’appuie sur l’histoire. Il cite avec sarcasme « Joseph Goebbels, l’architecte en chef de la machine de propagande d’Hitler, convaincu que plus le mensonge est gros, plus il est facile à croire ». Ou encore l’éloge du mensonge par Churchill : « Un mensonge fait le tour de la moitié du monde avant que la vérité n’ait eu le temps d’enfiler son pantalon. »
Il en conclut que l’Occident tout entier est dépourvu de moralité. Et que le mensonge est son outil de prédilection pour dissimuler ses défaites et les victoires de ses ennemis pour les démoraliser.
Puis il passe à la censure, citant à titre d’exemple, la « guerre de quarante jours durant laquelle les Américains ont tardé à annoncer la destruction totale de vingt de leurs bases militaires et la perte de près de 880 soldats américains (…), ce qui ne représentait qu’une infime fraction de leurs pertes réelles (…), par crainte de l’impact désastreux que de telles pertes auraient eu sur le moral des troupes ».
Il accable également Trump de mépris pour avoir évoqué « la reprise du transit dans le détroit d’Ormuz grâce à la puissance militaire américaine ». Il le qualifie de « menteur, voire de psychopathe – car, selon les psychologues, un psychopathe aussi ment sans remords pour tromper, contrôler ou atteindre un objectif ».
Continuant sur l’Ormuz, Bolouri fait remarquer que, « selon des sources officielles britanniques et saoudiennes, le détroit d’Ormuz reste fermé. Le prix physique du pétrole (auquel il est actuellement acheté et vendu) est supérieur de 20 à 50 dollars au prix de référence du Brent ».
Il dénonce ensuite « la censure systématique de ces informations dans les grands médias internationaux ». Et proclame la victoire totale du régime, « selon les médias les plus réputés au monde » : « Malgré ses pertes, l’Iran est sorti vainqueur tant sur le terrain que sur le plan du narratif. Trump ne peut accepter cette vérité, raison pour laquelle il sanctionne les médias. »