Le 7-Octobre de la « résistance islamique » et du « Déluge de la Mosquée »

A l’occasion des trois ans du 7-Octobre, la presse islamiste turque se déchaîne sous l’angle de la « résistance islamique » et d’un bouleversement prophétique ou civilisationnel dans la région.

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Contrairement aux médias d’opposition laïques qui se concentrent sur le coût humanitaire ou sur l’impact diplomatique du 7-Octobre, la presse islamiste turque se déchaîne sous l’angle de la « résistance islamique », de la guerre idéologique et d’un bouleversement prophétique ou civilisationnel dans la région. Tour d’horizon.

YeniŞafak : « La lutte n’est pas terminée »

Les éditorialistes du quotidien pro AKP, YeniŞafak, analysent les stratégies de communication de Tel-Aviv. Ils avancent que face à l’impossibilité d’obtenir une victoire militaire totale et définitive à Gaza et au Liban, Israël tente de saturer l’espace médiatique mondial avec de « vieilles méthodes de propagande » pour manipuler l’opinion occidentale et masquer l’usure de sa propre armée. Et ils saluent l’illumination de la tour de Galata, emblème d’Istanbul, aux couleurs du drapeau palestinien, pour attirer l’attention sur « le génocide à Gaza et témoigner du soutien au peuple palestinien ».

Dans son éditorial, l’intellectuel et universitaire Yasin Aktay développe une thèse partagée par de nombreux éditorialistes conservateurs : le 7-Octobre est défini comme « un horizon de liberté ouvert à l’humanité par un peuple qui s’est sacrifié », « le refus d’un peuple de vivre en attendant la mort. » « La volonté du peuple de Gaza ne saurait se mesurer au confort des autres peuples.[…]. Trois ans plus tard, nous n’avons pas remporté de victoire totale, mais la lutte n’est pas encore terminée. […] L’un des aspects de la nouvelle ère ouverte par le Déluge d’Al-Aqsa fut peut-être le rapprochement des pays musulmans. L’alliance de La Mecque qui s’est formée aujourd’hui porte sans aucun doute l’influence de ce déluge, directement ou indirectement. »

Millî Gazete : « Cette date où les sionistes tremblaient… »

Le quotidien islamiste Millî Gazete publie une chronique d’Adnan Öksüz, qui célèbre cet anniversaire comme une « date où les sionistes auraient tremblé ». Il y affirme que le prochain cycle de quarante ans sera pour Israël « une ère de destruction et pour les Palestiniens, une ère de liberté », en s’appuyant sur une lecture coranique. « Aujourd’hui, mercredi 7 octobre 2026, l’anniversaire du Déluge de la Mosquée, cette date où les sionistes tremblaient, désemparés, ne sachant que faire. Et pourtant, les Etats-Unis continuent de fournir toutes sortes d’armes, de munitions, de bombes, de missiles, d’avions de combat, de chars et de soldats au génocide de Gaza… »

ILKHA : « Nous sommes de nouveau en train de gagner »

Dans un entretien à l’agence ILKHA, Zahir Beyoğlu, « représentant palestinien » à Ankara de l’Association de diplomatie palestinienne (FIDE), affirme que le « déluge » continue depuis trois ans et ne s’arrêtera pas, et qualifie l’événement de mouvement d’éveil de la communauté musulmane : « Loué soit Dieu ! Trois ans après le mouvement du 7-Octobre, nous sommes victorieux. Nous avons montré au monde entier que les soldats sionistes sont des peureux, et nous sommes de nouveau en train de gagner. […] Le 7-Octobre marque un tournant. […] Al-Aqsa, notre première Qibla, est en grand danger. Le mouvement pour sa restauration a débuté le 7-Octobre et, grâce à Dieu, ce mouvement a sauvé la mosquée Al-Aqsa. Parallèlement, il a réveillé la Oumma […].. » IlkHa
*Il est à noter qu’en Turquie à la place de « sale Juif », on dit surtout « Juif peureux » (« Korkak Yahudi ») comme une insulte.

Doğru Haber : « Les mensonges du récit israélien »

Doğru Haber relaie le message vidéo du Hamas qui reprend des images de Yahya Sinwar. Il montre aussi Benjamin Netanyahou parlant à l’ONU devant une salle presque vide, et publie un article carrément négationniste.
« Des enquêtes ultérieures ont révélé que les récits qui circulaient dans les premières heures étaient faux et dénués de tout fondement. L’histoire des ’40 enfants décapités’ fut l’un des premiers récits à faire la une des journaux. Cette allégation, prétendument faite par des soldats ‘israéliens’ dans la colonie de Kfar Aza, a été largement diffusée par les médias du monde entier malgré l’absence totale de preuves. »
« Dans la colonie de Be’eri, d’autres témoignages de viols et de violences sexuelles ont émergé. Certains étaient liés aux déclarations de volontaires de la ZAKA ayant participé à la récupération des corps. Cependant, une enquête de l’Associated Press a révélé que deux témoignages largement diffusés étaient inexacts.[…] L’autre témoignage concernait une femme enceinte et son enfant à naître. Or, ce que le volontaire avait décrit comme un fœtus s’est avéré être un objet calciné. »

Adım Haber : « Le Déluge d’Aqsa a fait tomber de nombreux masques »

Adım Haber publie un entretien avec Muzaffer İnneci, professeur à la Faculté de théologie de l’Université Mersin. « Le Déluge d’Al-Aqsa n’est pas un nouveau djihad, ce n’est pas une nouvelle guerre. Nous pouvons dire que ce n’est qu’une nouvelle phase de la lutte en cours. » Et d’ajouter : « Les terres de Turquie, ainsi que de Jordanie, du Liban et de Syrie, sont dans la compréhension de Arz-ı Mevud / La Terre Promise, les régions de Mersin / Adana et de Çukurova sont également évaluées dans ce contexte. »

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