Le Qatar, la Turquie, le Pakistan et l’Indonésie ont signé le 21 octobre l’Accord de Badr
Le Moyen-Orient continue à se redessiner. Une nouvelle alliance voit le jour entre quatre pays musulmans, et non des moindres. Le mémorandum d’entente porte sur le renforcement de leur coopération en matière de défense. Un nouveau conglomérat qui a de quoi inquiéter.
Le quotidien Al-Quds Al-Arabi revient longuement sur le mémorandum d’entente signé mercredi 21 octobre à Doha, capitale du Qatar, entre quatre pays musulmans, et pas des moindres. L’« Accord de Badr » (qui fait référence à la « bataille de Badr » – cf. encadré), porte sur le renforcement de la coopération multilatérale entre les quatre signataires que sont le Qatar, l’un des pays les plus riches, le Pakistan, seul pays islamique doté de l’arme nucléaire, la Turquie, à l’industrie militaire développée, et l’Indonésie, le plus peuplé des pays musulmans de la planète. « La signature du mémorandum témoigne de la volonté de renforcer la coopération conjointe et de développer des partenariats stratégiques », insiste le quotidien.
« Le protocole d’accord vise à coopérer dans le domaine de la fabrication d’armements, à renforcer les capacités de défense des quatre pays et à coopérer dans le domaine de la formation technique en matière de défense ainsi que de recherche et développement, contribuant ainsi à trouver des solutions et des industries capables de suivre le rythme du développement des défenses modernes », a estimé le ministre qatari de la Défense, cité par le journal.
HISTOIRE
La bataille de Badr
Considérée comme la bataille fondatrice des conquêtes de l’Islam, la bataille de Badr a eu lieu le 17 ramadan de la deuxième année de l’Hégire – an 624 de notre ère -, dans les plaines de Badr, au sud-ouest de Médine, dans l’Arabie saoudite actuelle. Elle a opposé des sympathisants du prophète Mohamed à des combattants de la tribu de Quraysh.
Selon le récit islamique, « les Qurayshites disposaient d’environ 1 000 soldats, 100 cavaliers et 700 chameaux, tandis que les musulmans ne disposaient que de 313 combattants, deux chevaux et 70 chameaux. Malgré leur infériorité, les disciples du Prophète ont vaincu et soumis les Qurayshites. Car Allah a envoyé des anges pour aider les musulmans ». L’islam tire de cette bataille plusieurs enseignements : « la foi en l’assistance divine (Dieu a envoyé ses anges) ; la dévotion et la détermination (une minorité déterminée et persévérante peut vaincre une armée supérieure) ; l’unité et la planification stratégique (le Prophète avait bien planifié la bataille) ; la miséricorde et le pardon (après sa victoire, le Prophète a fait preuve de miséricorde en libérant les captifs) ; le sacrifice pour l’islam (les sacrifices consentis par les musulmans lors de la bataille de Badr continuent d’inspirer la Oumma musulmane) ».