Netanyahou menace la Syrie… Un désastre l’y attend
Le sud de la Syrie, et notamment les provinces de Soueïda et Deraa, regorge de rumeurs sur une attaque imminente des miliciens druzes de cheikh Hikmat al-Hijri, qui serait soutenu par Israël, contre le pouvoir de Damas et ses symboles locaux. Un tel scénario prouve les visées expansionnistes israéliennes, selon Echorouk.
Dans une longue tribune publiée par le quotidien islamo-nationaliste algérien Echorouk, Yasser Abou Hilala accuse le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, de vouloir s’ingérer en Syrie à travers son soutien aux druzes du cheikh Hikmat Al-Hijri. L’auteur évoque « un danger qui menace la Syrie » et souligne que « d’éventuels affrontements locaux à Soueïda ou à Daraa pourraient servir de prétexte à une ingérence sécuritaire israélienne dans le pays, ou entraîner une longue confrontation inter-syrienne alimentée par Israël ».
Trois scénarios sont évoqués : « une pression exercée dans le sud, exploitant l’animosité actuelle entre Damas et certaines factions druzes ; des frappes israéliennes préventives pour défendre les druzes, et une zone tampon ; une escalade liée au conflit avec l’Iran, motivée par des calculs électoraux à Tel Aviv et à Washington ».
Yasser Abou Hilala accuse « Israël d’avoir œuvré à maintenir Bachar el-Assad au pouvoir afin de perpétuer la paralysie de la Syrie, car un pays sans vie est un terrain propice aux projets des grandes puissances et à la division de l’influence ». Et d’ajouter : « La chute d’Assad a été un choc pour Israël, qui a réagi avec une extrême impulsivité face au nouveau régime. De son côté, Damas a adopté une stratégie claire d’évitement de la confrontation, pariant sur la capacité de Donald Trump à contenir Netanyahou et à freiner l’arrogance israélienne. Les événements actuels montrent que la question israélienne demeure hors de contrôle. »
Après avoir exposé la « doctrine israélienne guerrière », l’auteur rappelle que « le nouveau régime syrien est né de la guerre, et (que) ceux qui gouvernent à Damas combattent depuis vingt ans, connaissent le prix de la guerre et possèdent l’expérience nécessaire pour la gérer. Les Syriens sont capables de perturber les Israéliens si une confrontation leur est imposée ». La première ligne de défense de la Syrie est la cohésion nationale, souligne encore Yasser Abou Hilala, estimant que « la Syrie n’attaque ni Israël ni personne d’autre. Elle cherche à se protéger et à reconstruire son Etat. Ce que les Israéliens ne comprennent pas, c’est qu’ils s’appuient sur le modèle de Gaza, alors même que Gaza illustre les limites de leur pouvoir. Après une guerre d’anéantissement, Israël parle encore du pouvoir du Hamas. Or, la différence entre les deux situations est immense. Damas bénéficie d’une reconnaissance internationale et d’un large soutien régional, contrairement au Hamas. Si le Hamas contrôle encore une enclave assiégée comme Gaza malgré tout ce qui s’est passé, comment Israël peut-il imposer sa volonté à un pays de la taille de la Syrie ? La Syrie ne souhaite pas la guerre, et sa défense repose avant tout sur la cohésion interne, la création d’alliances (Turquie, Qatar, Jordanie…) et l’obtention de garanties. Mais si la guerre lui est imposée, ce sera un désastre stratégique pour Israël ».