Documents historiques· Israël-Palestine
2 novembre 1917
La Déclaration Balfour
Fiche des archives de Proche-Orient Info
Dès les premières années du 20ème siècle, le gouvernement britannique montre une relative sympathie pour les idées et les différents projets du mouvement nationaliste juif. Pour cette raison même, dès le début de la Première Guerre mondiale et avant la signature du traité Sykes-Picot, les sionistes jugent préférable pour eux que la Palestine, alors partie de l'empire ottoman, soit incluse dans la future zone d'influence de la Grande-Bretagne plutôt que de la voir tomber dans l'escarcelle française.
Le mouvement sioniste de Grande Bretagne s'active donc, dès 1915, auprès des dirigeants politiques britanniques. Il défend sa cause avec efficacité, explique inlassablement sa raison d'être et, en 1916, il fait officiellement deux demandes décisives : reconnaître le droit du peuple juif sur la Palestine et permettre, sur cette terre, une libre immigration des juifs.
Au mois de juillet 1917, le mouvement sioniste propose au gouvernement britannique de publier une déclaration dans laquelle il reconnaîtrait la Palestine comme le « foyer national » du peuple juif et son droit d'y construire son état. Le 2 novembre 1917, Lord Arthur James Balfour, Ministre des Affaires Étrangères britannique, envoie ainsi une lettre à Lord Rothschild, le prestigieux dirigeant de la communauté juive de Grande-Bretagne. Il y affirme la sympathie du gouvernement britannique pour les aspirations sionistes et dit envisager favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif.
Cette lettre entre dans l'histoire comme la Déclaration Balfour.
Laquelle est approuvée après la guerre, le 24 avril 1920, par la Conférence de la Paix de San Remo ( Italie) et incorporée dans le texte du mandat sur la Palestine conféré à la Grande- Bretagne par la Société des Nations le 24 juillet 1922.
C'est le premier appui officiel d'une grande puissance à la cause sioniste.
Parallèlement aux efforts des sionistes en Grande Bretagne, une action de sensibilisation est menée dans d'autres pays, notamment en France, par Nahum Sokolov, un éminent dirigeant du mouvement nationaliste juif, membre de l'exécutif. Et le 4 Juin 1917, Jules Cambon, Secrétaire général du Quai d'Orsay, écrit à Nahum Sokolov une lettre dont voici l'extrait le plus significatif :
« …Vous pensez que si les conditions le permettent et que l'indépendance des Lieux Saints est assurée, il sera juste que les grandes puissances aident la résurrection de la nation juive dans le pays d'où elle a été expulsée des centaines d'années auparavant. Le gouvernement français qui est entré en guerre pour défendre un peuple attaqué et a continué à combattre pour assurer la victoire de la justice sur la force, ne peut pas ne pas éprouver une sympathie pour votre cause ».
Cher Lord Rothschild,
J'ai le plaisir de vous adresser, au nom du gouvernement de Sa Majesté, la déclaration ci-dessous de sympathie à l'adresse des aspirations sionistes, déclaration soumise au cabinet et approuvée par lui.
« Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les juifs jouissent dans tout autre pays. »
Je vous serais reconnaissant de bien vouloir porter cette déclaration à la connaissance de la Fédération sioniste.
Arthur James Balfour