Documents historiques· Israël-Palestine

17 janvier 1997

Le Protocole d’accord sur le redéploiement dans la ville d’Hebron

Fiche des archives de Proche-Orient Info

Ce protocole est signé le 17 janvier 1997 selon les dispositions de l'accord intérimaire israélo-palestinien sur la Cisjordanie et la Bande de Gaza et particulièrement de l'article 7 de l'Annexe 1, signée le 28 septembre 1995.

Il a été précédé de longues et âpres négociations. Il faut le lire dans le contexte général, puisqu'il contient un article intitulé « Note pour Mémoire », dans lequel sont énumérés tous les engagements pris antérieurement par les parties mais non tenus, et qui n'ont d'ailleurs aucun rapport direct avec la ville de Hébron.

Une communauté juive a toujours existé à Hébron, ville sacrée en raison de la présence des tombeaux des patriarches, particulièrement celui d'Abraham, père du monothéisme vénéré par les Juifs, les musulmans et les chrétiens.

Au cours des événements sanglants de 1929, la population arabe de la ville et de ses environs avait attaqué le 24 août les habitants juifs de Hébron et avait massacré des dizaines d' hommes, femmes et enfants avec une cruauté particulière. Les survivants de la communauté juive avaient été évacués sur Jérusalem, et Hébron était restée sans présence juive jusqu'à la Guerre des Six Jours. Les événements du 24 août 1929 ont provoqué un traumatisme jamais apaisé parmi les familles des victimes, et le massacre de Hébron reste une des douleurs de la mémoire nationale. Après la Guerre des Six Jours, des Israéliens, dont certains descendants des victimes du massacre de 1929, sont d'ailleurs venus s'installer dans l'ancien quartier juif de Hébron.

Lors de la signature de l'accord intérimaire sur la Cisjordanie et la Bande de Gaza du 28 septembre 1995 ( voir fiche), deux zones de responsabilité sont délimitées : une zone palestinienne et une zone israélienne. Quant à la sécurité des deux communautés – l'israélienne ne comportant que 400 personnes vivant enfermées dans un ghetto au milieu de dizaines de milliers de Palestiniens-, elle a été laissée à des négociations spéciales. Mais entre 1995 et 1997, le climat politique et sécuritaire en Cisjordanie s'est nettement détérioré. Le découpage du territoire en confetti, l'imbrication des deux communautés, l'une, israélienne, libre de ses mouvements, l'autre, palestinienne ne l'étant pas, n'ont guère facilité les rapports entre elles. Les actes terroristes palestiniens se sont multipliés. C'est la raison essentielle pour expliquer que le redéploiement de l'armée israélienne autour de Hébron, prévu par l'accord intérimaire, ait été retardé.

Puis vient l'accord du 17 janvier 1997. Il stipule que la responsabilité pour la sécurité interne dans la partie arabe de la ville incombe à la police palestinienne tandis que les forces de sécurité israéliennes seront responsables de la sécurité de la population juive dans la ville, du quartier juif, de la vieille ville, des voies d'accès au Tombeau des Patriarches et de la cité de Kyriat Arba, proche de Hebron.

Les négociateurs conscients du potentiel de frictions possibles entre les deux populations hostiles qui se côtoient quotidiennement ont prévu une série de mesures de coopération entre les deux autorités (patrouilles militaires mixtes, bureau de liaison régional, coordination d'activités civiles, etc…). Toutes ces mesures devaient être réalisées elles aussi dans les six mois qui suivaient la signature de l'accord.

Le Protocole d’accord sur le redéploiement dans la ville d’Hebron — Proche-Orient ◆ info