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Mona Jafarian réagit pour POI à la visite tronquée de Reza Pahlavi, privé de Parlement le 8 novembre prochain à Bruxelles

EXCLUSIF - La Chambre des représentants belges ne recevra pas officiellement Reza Pahlavi. Le ministre des Affaires étrangères invoque la diversité de l'opposition iranienne. Des associations liées aux Moudjahidines du peuple, longtemps classés terroristes, réclamaient l'annulation.

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Le ministre des Affaires étrangères invoque la diversité de l’opposition iranienne pour justifier le refus de recevoir Reza Pahlavi (Christian Ender/Getty Images).
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Le MR (Mouvement réformateur, centre droit) de Georges-Louis Bouchez, qui avait rencontré Reza Pahlavi à Paris fin juillet, était à l’origine de l’invitation. Saisie le 14 octobre, la Conférence des présidents a sollicité l’avis de Maxime Prévot (Les Engagés, parti centriste libéral). Dans un courrier du 20 octobre, le ministre juge l’opposition iranienne « particulièrement diversifiée », recommande d’entendre d’autres courants et évoque des risques sécuritaires. Faute de consensus, l’invitation à la Chambre a donc été abandonnée.

La Communauté Iran libre en Belgique, qui soutient le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) de Maryam Radjavi, demandait l’annulation. Parmi les signataires, Mehdi Nobari, président de l’Association internationale pour la culture et les droits humains. Or celui-ci est le bras politique de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI). Née d’une idéologie mêlant islam et marxisme, l’OMPI a combattu le Shah puis Khomeini par les armes, avant de s’allier à Saddam Hussein, et n’a été rayée de la liste des organisations terroristes qu’en 2008 par Londres, 2009 par l’UE et 2012 par Washington. L’ancien sénateur socialiste Pierre Galand, figure tiers-mondiste et cofondateur et président de l’Association belgo-palestinienne, a aussi mené un appel contre la visite.

« Méconnaissance profonde de la société iranienne »

Face à ce faux équilibre de la diplomatie belge soumise aux Moudjahidines du peuple, Mona Jafarian, cofondatrice de Femme Azadi et proche de Reza Pahlavi, a déclaré en exclusivité à Proche-Orient Info : « Le prince Reza Pahlavi est la personnalité que les Iraniens ont désignée dans la rue, au prix de leur vie. Son nom est littéralement le seul à avoir été scandé en janvier dernier par des millions de nos compatriotes. Voir des élus belges lui refuser l’accès au Parlement sous la pression d’une secte islamiste, autrefois classée comme organisation terroriste et honnie par les Iraniens, en Iran comme dans la diaspora, révèle surtout la méconnaissance profonde de l’Occident à l’égard de la société iranienne, ainsi qu’une volonté délibérée d’invisibiliser la volonté de notre peuple. »

Washington garde, lui aussi, ses distances avec Pahlavi. L’envoyé spécial Steve Witkoff l’a rencontré en janvier, mais Donald Trump doute de son assise en Iran et JD Vance a affirmé que Donald Trump n’avait jamais dit vouloir installer Reza Pahlavi à la tête de l’Iran. Le jugement américain sur l’OMPI est plus sévère. En 2022, sous Biden, le département d’Etat estimait qu’elle n’était pas une opposition démocratique viable.

En appelant à entendre d’autres courants sans les nommer, la diplomatie belge place sur un pied d’égalité des acteurs dont l’histoire et la légitimité n’ont rien de comparable. Le 6 novembre, Pahlavi s’exprimera à l’Ecole royale militaire, invité par Theo Francken, ministre de la Défense du même gouvernement.

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