Le soutien français à l’armée libanaise survivra-t-il à Emmanuel Macron ?
L’interrogation demeure sur la tenue de la conférence internationale de soutien à l’armée libanaise que la France devrait accueillir, et qui a déjà été reportée à plusieurs reprise.
« Les tentatives de sauvetage de l’armée libanaise échouent avant même d’avoir commencé », souligne Alain Sarkis, du quotidien libanais Nidaa al-Watan. Affirmant : « Les promesses internationales se heurtent aux calculs des grandes puissances. Le président Macron continue de promouvoir une conférence internationale de soutien à l’institution militaire, mais Paris semble incapable d’obtenir l’aval des Etats-Unis. L’appétit des pays donateurs pour l’aide s’amenuise face aux guerres régionales et aux crises financières. Ainsi, le soutien promis reste lettre morte, et le Liban se retrouve une fois de plus confronté à une réalité incontournable : aucune aide concrète ne sera accordée sans une décision de Washington ».
La réunion préparatoire organisée à Paris le 17 septembre – qui s’est déroulée en présence du président libanais, du roi de Jordanie et de représentants de 17 pays, autour d’Emmanuel Macron – a marqué une nouvelle étape dans le processus. Ses objectifs : identifier les besoins de l’armée et établir une feuille de route pour le soutien envisagé. Au final, la réunion n’a débouché sur aucune aide financière ou militaire directe. « Rien de concret n’est à ce stade visible concernant la tenue de la conférence. Le chemin pour y parvenir reste semé d’embûches, dont notamment l’absence de feu vert définitif des États-Unis », selon des sources proches du dossier citées par le quotidien.
Le financement, un défi de taille
Le quotidien rappelle que, « d’une part, Washington ne semble pas disposé à accorder à Macron un succès politique en fin de mandat, notamment compte tenu des relations tendues entre les deux pays, et, d’autre part, les Américains sont insatisfaits de l’action du pouvoir politique libanais qui ne semble pas prendre ses responsabilités quant au désarmement du Hezbollah ».
Il ajoute que le problème dépasse la politique américaine, ses réticences à l’égard de Beyrouth et ses divergences avec Paris. La question du financement reste en effet un défi important car les priorités des pays capables d’apporter une telle aide ont évolué. Les monarchies du Golfe sont préoccupées par le conflit iranien, l’Europe est mise à rude épreuve par les répercussions de la guerre en Ukraine et les impératifs de défense et de sécurité, tandis que d’autres pays sont confrontés à des crises financières et économiques qui rendent extrêmement difficile tout nouvel engagement.