Les citoyens israéliens ne sont pas les otages de l’identité juive de l’Etat
Le Shas a obtenu six sièges aux législatives du 27 octobre, contre 11 en 2022. Les résultats officiels sont attendus ce mercredi. L’avocate Batya Kahana-Dror appelle le prochain gouvernement à ouvrir les services religieux à la concurrence.
« C’est là la grande histoire de ces résultats : le public en a assez de ceux qui prétendent être les maîtres de la religion. » Dans une tribune publiée sur N12, l’avocate Batya Kahana-Dror revient sur « la chute du parti Shas [parti ultraorthodoxe séfarade, NDLR], passé de 11 sièges en 2022 à seulement six ».
« Le public israélien n’est pas devenu moins religieux, moins traditionaliste ou moins attaché à son identité juive », souligne-t-elle dans son texte. La défaite du parti « pourrait marquer le début d’une séparation entre le judaïsme israélien, dans toute sa diversité, et les mécanismes politiques qui ont prétendu pendant des années en être les maîtres ».
La tribune relève que le Shas « a transformé son poids au sein des coalitions en contrôle des systèmes et des institutions religieuses ». Ce pouvoir « a permis de préserver les monopoles eux-mêmes, dans les domaines de la cacherout, de la conversion, du mariage et des services religieux ». Or, selon l’autrice, « les monopoles religieux n’ont pas été créés parce que le public les réclamait ».
« Si nous remplaçons les personnes tout en conservant le système, nous n’aurons rien fait »
Elle met en garde : « Si nous remplaçons les personnes tout en conservant le système, nous n’aurons rien fait. » Le texte pose ensuite un principe : « L’Etat peut fixer des normes, exercer un contrôle, garantir la qualité et la réglementation, mais il n’est pas autorisé à détenir un monopole sur la vie juive de ses citoyens. »
La tribune étend ce raisonnement à la conscription. Un Etat qui l’admet « ne peut pas non plus justifier une réalité dans laquelle des dizaines de milliers d’étudiants de yeshiva sont exemptés du service militaire ».
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L’autrice signale une limite : « Même les partis les plus libéraux pourraient être divisés sur le statut du mariage civil, de la conversion, de la cacherout et des conseils religieux. » Concluant : « Six sièges pour le Shas ne garantissent pas le changement. Ils ne font qu’ouvrir une fenêtre. »