Mega hold-up en Turquie !
Près de 455.000 petits épargnants turcs ont été lésés et 131 fonds ont dû être liquidés par le détournement de fonds d’investissements. Pour l’opposition, il s’agit d’une « escroquerie organisée ».
Le scandale a éclaté à la mi-août, laissant des centaines de milliers de petits épargnants sur le carreau. En cause : une défaillance de supervision, du favoritisme politique et un manque de transparence qui fragilise l’économie réelle.
Les journaux d’opposition le qualifient de « pillage » et d’« escroquerie organisée ». Dans Sözcü, Rahmi Turan affirme que « les bénéficiaires des gains du détournement des fonds d’investissements sont connus mais pas rendus publics. Ce secret nourrit les rumeurs et les soupçons, et le pouvoir perd des points dans l’opinion. La colère monte jusque chez les élus de l’AKP ».
Selon l’auteur, la liste n’est pas publiée parce que toutes les personnes citées sont proches du pouvoir. Il estime que la promesse d’aller jusqu’au bout « quel que soit le concerné » est restée lettre morte.
Des députés et des magistrats impliqués
L’ancien député de l’AKP, Şamil Tayyar, affirme que plusieurs gouverneurs sont impliqués dans le scandale. Erdal Kılınç, journaliste réputé proche du gouvernement, en a révélé l’ampleur : « On estime à 150 le nombre total de députés impliqués. Selon les allégations, 180 magistrats, dont des juges de la Cour suprême et des procureurs, seraient également concernés par ce scandale, ainsi que 30 gouverneurs et préfets. »
Dans le quotidien conservateur d’opposition Karar, Mustafa Karaalioğlu anticipe des effets plus larges sur l’économie, dans les prochains mois, ainsi qu’une érosion importante des réserves de la banque centrale : « Une poignée d’individus avides ont formé des organisations de malfrats. Ils ont commencé par manipuler le marché boursier, les actions. Ils ont multiplié par centaines, voire par milliers, des actions sans valeur. En quelques mois, les sociétés qui étaient censées posséder ces portefeuilles sont devenues plus importantes que les plus grandes entreprises industrielles du pays. La corruption, les malversations et la dérive de l’éthique sont comme des vaisseaux interconnectés ; aucun niveau ne peut être plus élevé ou plus bas qu’un autre. Si un système est dépourvu de contrôle, de transparence et de responsabilité, le risque est présent à tous les niveaux. »