Islamisme

Berlin : la face cachée d’Ibrahim Ibrahim, le militant palestinien qui terrorise Elif Eralp, future maire

Dans les réseaux de cet activiste germano-palestinien, se côtoient des sympathisants du Hamas et du FPLP. Son influence inquiète la candidate à la mairie de Berlin, qui craint pour sa sécurité et celle de son mari.

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Ibrahim Ibrahim lors d’un rassemblement pro-palestinien à Berlin le 7 octobre 2026, trois ans jour pour jour après le massacre perpétré par le Hamas en Israël (Sven Kaeuler/picture alliance via Getty Images).
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Le crâne dégarni, une barbe grisonnante de quelques jours, souvent vêtu d’un tee-shirt célébrant la Palestine, Ibrahim Ibrahim, 70 ans, est un visage familier des manifestations pro-palestiniennes à Berlin.

Il n’est ni élu ni dirigeant d’un parti. Mais son seul nom fait peur à Elif Eralp, la responsable berlinoise du parti de gauche radicale Die Linke, qui négocie actuellement une coalition pour devenir maire de Berlin. Dans une interview au Spiegel, elle évite de le nommer, expliquant craindre pour sa sécurité et celle de sa famille.

Le Comité national palestinien unifié à la fête de Die Linke

Le 20 septembre 2026, à Berlin, Die Linke célèbre ses résultats électoraux. A Neukölln, quartier populaire et multiculturel du sud de la capitale, Ibrahim Ibrahim est de la fête aux côtés de Ferat Koçak, député fédéral de Die Linke, et de Vanessa « Vedi » Emde, élue au Parlement berlinois. Il revendique la contribution de son réseau à la mobilisation électorale et rappelle avoir apporté son soutien à Ahmed Abed, autre figure de Die Linke à Neukölln.

Ibrahim Ibrahim est l’un des principaux représentants du VPNK, le Comité national palestinien unifié, organisateur régulier, depuis le 7 octobre 2023, de manifestations pro-palestiniennes à Berlin.

Dans son rapport annuel, le renseignement intérieur berlinois, qui classe le VPNK parmi les mouvements extrémistes, relève que des sympathisants du Hamas et du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), deux groupes sur la liste européenne des organisations terroristes, agissent conjointement sous sa bannière. Ce réseau a développé des relations avec une partie de la gauche radicale berlinoise.

Au sein de Die Linke, un groupe de travail « Solidarité Palestine »

Au sein de Die Linke, la LAG Palästinasolidarität, groupe de travail consacré à la Palestine, relaie des prises de position d’Ibrahim.

Le 19 août 2026, un appel à manifester est publié sur Instagram par cette structure, le VPNK et Linksjugend Südberlin, une organisation locale de jeunesse de Die Linke. Le VPNK figure également sur la liste des membres de l’Internationalistisches Bündnis Berlin, une coalition militante qui gravite autour de Die Linke dans les quartiers de Neukölln et Wedding.

Un demi-siècle de proximité avec le FPLP et le Hamas

Le parcours d’Ibrahim Ibrahim éclaire sa place dans cette mouvance. Né en janvier 1956, il aurait grandi dans un camp de réfugiés palestiniens au Liban avant de rejoindre l’Allemagne en 1974. Il obtient la nationalité allemande en 1995. Boulanger de profession, il consacre une grande partie de sa vie au militantisme palestinien.

Il préside depuis 1978 l’Union des travailleurs arabes à Berlin, et depuis 2011 le Comité démocratique de Palestine, une association qui organise notamment des commémorations avec des militants du FPLP. Présenté, lors d’une cérémonie consacrée à Yasser Arafat, comme le « camarade Ibrahim », il est chargé de s’exprimer au nom des sympathisants du FPLP.

En 2017, Ibrahim Ibrahim rend hommage à Abou Ali Moustafa, ancien dirigeant du FPLP, dont il salue l’engagement révolutionnaire. Dans ses évocations des « martyrs » palestiniens, il cite Ahmed Yassine, cofondateur du Hamas, et Izzeddine al-Qassam, figure historique dont la branche armée du mouvement islamiste porte aujourd’hui le nom. Plus récemment, il a présenté Yahya Sinwar, l’un des principaux responsables des massacres du 7-Octobre, en héros et martyr.

Ses relations militantes dépassent les frontières allemandes. Quelques jours après les élections berlinoises, il se rend à Istanbul pour une conférence réunissant notamment des personnalités proches du Hamas. Parmi les participants figure Majed al-Zeer, présenté par les autorités allemandes comme un responsable des réseaux du Hamas en Europe.

Des enquêtes ouvertes depuis 2023

Ibrahim Ibrahim rejette les accusations de soutien au terrorisme. Dans une publication Instagram datée du 11 octobre, il affirme s’engager « pacifiquement et dans le respect des lois pour la liberté, l’autodétermination, la fin de l’occupation et le retour des réfugiés palestiniens ». Il y condamne également l’antisémitisme.

Pourtant, l’homme est connu des services de sécurité allemands. Plusieurs enquêtes ouvertes depuis 2023 le concernent, principalement pour des infractions liées à la propagande et à l’utilisation de symboles d’organisations interdites. Les autorités ne disposeraient cependant d’aucun élément établissant qu’il préparerait des violences contre des responsables politiques ou encouragerait ses partisans à en commettre. Rien ne permet non plus d’établir qu’il représenterait une menace physique directe pour Elif Eralp.

Dans une déclaration au lendemain de la publication de l’article du Spiegel, Elif Eralp a affirmé qu’elle ne se laisserait « intimider par personne ». Pas même par Ibrahim ?

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