Documents historiques· Israël-Palestine

1949

La Convention d’Armistice de Rhodes

Fiche des archives de Proche-Orient Info

En 1949, après dix mois de guerre, une série d'accords d'armistice sont signés entre Israël et les pays arabes qui ont envahi l'état juif dès le jour de la déclaration de son indépendance, le 15 mai 1948.

Un premier accord est signé avec l'Égypte le 24 février 1949, un second avec la Jordanie le 4 mars 1949, un troisième avec le Liban le 23 mars 1949, et un dernier avec la Syrie le 20 juillet 1949.

Aucun accord n'est signé avec l'Irak qui a pourtant participé à l'invasion, mais qui n'a pas de frontières communes avec Israël. Cependant, dans l'accord avec la Jordanie, il est stipulé que les unités de l'armée irakienne qui se trouvent sur les territoires de la Palestine les évacueront et seront remplacées par l'armée jordanienne.

La frontière internationale entre Israël et l'Égypte sert de base à la ligne d'armistice entre ces deux pays, à l'exception de la bande de Gaza qui reste sous occupation égyptienne.

Dans l'accord avec le Liban, la frontière internationale reste inchangée et l'armée israélienne qui occupait quelques villages au-delà de la frontière s'engage à les évacuer.

L'accord avec la Jordanie reconnaît la ligne de cessez-le-feu comme frontière provisoire, hormis l'échange de quelques petits territoires, gelés comme tels. Il laisse la partie orientale de Jérusalem et ce qui deviendra la Cisjordanie sous contrôle jordanien.

L'accord stipule en outre que « la ligne de démarcation ne doit nullement être considérée comme une frontière politique ou territoriale; elle est tracée sans préjudice des droits, revendications et positions des deux parties au moment de l'armistice en ce qui concerne le règlement définitif de la question palestinienne." (Article 5 dans l'accord avec l'Égypte).

L'accord assure le libre accès aux lieux saints à tous les fidèles du monde entier, chrétiens, juifs et musulmans et l'accès du cimetière du Mont des Oliviers aux Juifs.

Pourtant, aucun Israélien, qu'il soit juif, musulman ou chrétien, ne pourra se rendre dans ces lieux saints ou sur le Mont des Oliviers jusqu'à la Guerre des Six Jours, en 1967.

Cette zone sera d'ailleurs purement et simplement annexée par la Jordanie en 1950.

Malgré des incidents et des tensions permanentes le long des lignes d'armistice, surtout dans le nord avec la Syrie, ces lignes resteront inchangées jusqu'à la Guerre des Six Jours.

Dans l'accord passé avec l'Egypte, la Jordanie, le Liban et la Syrie, il est stipulé que cet accord est destiné à « faciliter le passage de la trêve actuelle à une paix permanente en Palestine » (préambule) et à « favoriser le rétablissement de la paix permanente en Palestine » (Article 1).

Les signataires israéliens de ces accords ont probablement pensé qu'ils seraient suivis rapidement de négociations en vue de l'établissement d'une paix permanente. Ils ne supposaient sans doute pas que ces lignes seraient très rapidement le théâtre d'infiltrations et d'actions armées arabes dont la population civile israélienne serait la principale victime, jusqu'à l'explosion totale. Sans doute n'imaginaient-ils pas non plus que ces accords de 1949 resteraient en vigueur avec l'Égypte jusqu'en 1979, année de la signature de l'accord de paix; avec la Jordanie jusqu'à 1994, année d'un autre accord de paix; et qu'ils seraient toujours en vigueur en 2002 avec la Syrie et le Liban.

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