Documents historiques· Israël-Palestine

11 décembre 1948

La Résolution 194 des Nations unies

Fiche des archives de Proche-Orient Info

La guerre fait rage en Israël, attaqué par cinq armées arabes le jour même de la proclamation de son indépendance. Le 11 décembre 1948, l'Assemblée Générale des Nations Unies vote la résolution 194 sur le problème palestinien.

Elle décide de créer une « Commission de Conciliation » composée des représentants de trois pays (Turquie, France, États-Unis) chargés de rechercher un « accord entre les parties par voie de négociations », et de présenter des propositions concernant un régime international pour Jérusalem et les Lieux saints.

Si le travail de la Commission n'a pas laissé de souvenirs indélébiles dans l'histoire du conflit, la résolution elle-même, dans son article 11 qui traite du problème des réfugiés palestiniens, est en revanche un document central dans le débat sur la solution éventuelle à cette épineuse question.

L'article 11 stipule en effet « qu'il y a lieu de permettre aux réfugiés [ arabes de cette guerre ] qui le désirent de rentrer dans leur foyer le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins. Elle indique également que des indemnités doivent être payées à titre de compensation à ceux qui décident de ne pas rentrer dans leur foyer ». A la fin de la guerre, ils sont environ 700 000 réfugiés arabes concernés par l'article 11 de la résolution 194.

La Commission qui se réunit à Lausanne le 26 avril 1949 pour en traiter n'aboutit à rien. Aucun dialogue ne peut s'instaurer entre les belligérants, les délégations arabes refusant de se réunir avec la délégation israélienne, et exigeant comme préalable à toute négociation le retour en Israël de tous les réfugiés palestiniens. Israël quant à lui propose d'accueillir, dans le cadre d'un accord de paix définitif, cent mille réfugiés et de contribuer avec d'autres pays à un fond de compensation. Cette proposition est rejetée par les Arabes et tout compromis est bloqué, jusqu'à aujourd'hui. Alors que, au fil des générations, ce sont de 2 à 4 millions de Palestiniens qui sont concernés, selon la méthode de définition adoptée pour l'octroi du statut de réfugié. Car aux réfugiés de 1948, sont venus s'ajouter environ 200.000 autres personnes après la Guerre de Six Jours en 1967.

Qui porte la responsabilité de ce problème majeur ?

Israël rappelle, preuves à l'appui que, dès le début du conflit et avant même la Déclaration de l'Indépendance, il a appelé maintes fois les populations palestiniennes à rester sur place. Les dirigeants arabes les ont au contraire exhortées à quitter leurs maisons pour quelques jours afin de se mettre a l'abri, en leur promettant l'anéantissement fulgurant de l'état juif, et un retour non moins rapide dans leurs foyers. Aucun état arabe n'a fait un effort pour établir sérieusement et solidairement ces réfugiés sur son sol, pour les intégrer dans la vie sociale et économique nationale. Tous les états ont préféré garder le problème vivace, comme moyen de pression. Israël souligne aussi qu'il a lui-même accueilli des centaines des milliers de réfugiés juifs fuyant les pays arabes, que chaque guerre a inévitablement son lot de réfugiés, lesquels par millions voire dizaines de millions dans l'histoire moderne, se sont intégrés partout où ils ont été reçus. Malgré la nostalgie et la peine, ils ne sont jamais rentrés dans leur pays d'origine.

Les Arabes de leur côté accusent Israël d'avoir mené une politique systématique d'expulsions et de confiscation de biens, d'avoir délibérément entrepris des actions cruelles contre la population arabe pour l'inciter à partir alors qu'ils étaient chez eux et sur leurs terres, d'avoir commis des massacres pour l'exemple comme dans le village de Dir Yassin où périrent près d'une centaine de personnes.

De fait, le problème des réfugiés palestiniens semble insoluble jusqu'à ce jour. Depuis le sommet de Camp David en juillet 2000, il est apparu clairement que les Palestiniens, qui considèrent pour eux 1948 comme l'année de la Naqba ( La Catastrophe), font du retour de leurs réfugiés un instrument de reconquête de la « Palestine historique » par la démographie. Une perspective que les Israéliens ne peuvent que refuser catégoriquement. C'est d'ailleurs le seul « non » historique de l'état juif.

En rejetant en 1947 la décision des Nations unies sur le partage de la Palestine, en déclenchant immédiatement la guerre contre Israël, ils ont apporté à la population son lot de malheurs et que, 50 ans après, on ne peut pas revenir en arrière. Le retour de deux à quatre millions de réfugiés arabes, hostiles, mettrait en danger, non seulement sa sécurité, mais transformerait les Juifs en minorité dans le seul état juif du monde, ce qui signifierait la fin de l'état d'Israël.

La Résolution 194 des Nations unies — Proche-Orient ◆ info