Documents historiques· Israël-Palestine

17 septembre 1978

Les Accords de Camp David

Fiche des archives de Proche-Orient Info

La guerre du Kippour a en partie changé la donne dans les rapports de force au Proche-Orient. Le président égyptien Anouar El Sadate a compris le premier que pour récupérer ses territoires mieux valait finalement la négociation que la guerre avec les Israéliens. En novembre 1977, il entreprend un voyage historique à Jérusalem et va prier dans la mosquée Al Aqsa.

Cet acte qui vaut reconnaissance de la légitimité d'Israël est suivi d'une action diplomatique intense. Elle débouche sur la rencontre de Camp David, aux Etats-Unis, entre Sadate et le Premier ministre israélien Menachem Begin, sous la houlette du président américain démocrate, Jimmy Carter.

Le 17 septembre 1978, après que les protagonistes ont frôlé l'échec, ils paraphent les Accords de Camp David, les premiers entre Israël et un pays arabe. Ces accords marquent l'ouverture d'un long processus de paix, avec ses hauts et ses bas.

Ils sont composés de deux parties : un accord-cadre pour la conclusion d'un traité de paix entre l'Égypte et Israël, et un accord-cadre qui définit les principes sur lesquels reposera une solution au problème palestinien.

L'accord de paix avec l'Égypte est signé le 26 mars 1979. Il est basé sur les principes énoncés dans l'accord cadre de Camp David, à savoir : reconnaissance mutuelle pleine et entière entre les deux pays, suppression des boycotts économiques, normalisation entre les deux états; restitution par Israël de tout le Sinaï à l'Egypte, ce qui implique les puits de pétrole et le démantèlement de colonies comme celle de Yamit à laquelle procèdera Ariel Sharon; cette zone sera démilitarisée et des forces de l'ONU y stationneront, Gaza ne sera pas récupéré par les Egyptiens

L'accord-cadre pour une solution du problème palestinien prévoit deux temps : une première période de cinq ans d'autonomie interne de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza et, dès la troisième année, le début des négociations sur une solution définitive.

C'est à la demande de l'Égypte que le problème palestinien a été inclus dans les accords de Camp David. Sadate est en butte aux très violentes critiques des autres pays arabes, lesquels l'accusent de traiter un accord séparé avec Israël sans se soucier d'eux ni des Palestiniens, il est également la cible des islamistes totalement opposés à sa démarche. Sadate le paiera de sa vie, assassiné par les Frères Musulmans.

Malgré les difficultés ultérieures dans les négociations sur le problème palestinien, quelques points essentiels marquent une évolution notable dans la position des deux partenaires, qui semble aujourd'hui aller de soi. En effet, ils reconnaissent les résolutions du Conseil de Sécurité 242 et 338 « dans toutes leurs parties ». Ceci implique d'un côté que Sadate renonce à une certaine lecture de la résolution 242. Les pays arabes, dans le passage « retrait des territoires », ne voulaient retenir que la version française et non la version originale en anglais « from territories » qui signifie « de territoires ». De même, ils omettaient le passage « les frontières sûres et reconnues » qui avait été inclus dans la résolution pour tenir compte des arguments israéliens sur ces frontières d'avant 1967, indéfendables et non reconnues par les Arabes. De son côté, Israël entérine les « droits légitimes » du peuple palestinien, et le principe d'une pleine autonomie pour une période transitoire qui amènera au statut définitif de la Cisjordanie et Gaza.

Ainsi les accords de Camp David sont considérés, à juste titre, comme un tournant dans ce long conflit, en particulier parce qu'ils ont ouvert une première brèche dans le mur opaque de l'hostilité entre les pays arabes et Israël.

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