Documents historiques· Israël-Palestine
22 novembre 1967
La résolution 242 du Conseil de Sécurité de l’ONU
Fiche des archives de Proche-Orient Info
La volonté des pays arabes d'anéantir l'état d'Israël perdure. Une nouvelle offensive est en préparation. Elle est lancée par l'Egypte.
Le 14 mai 1967, le président Nasser ordonne à son armée de pénétrer dans le Sinaï. Or depuis l'accord de 1957 signé après la guerre du Sinaï de 1956, les forces de l'ONU stationnent dans ce désert ainsi que dans le détroit de Tiran qui contrôle l'entrée de la Mer Rouge, les ports d'Akaba et d'Eilat, formant par là même un écran entre Israël et l'Égypte. Le 18 mai, Nasser demande donc au Secrétaire général des Nations unies, U Tant, d'ordonner l'évacuation des forces internationales du Sinaï pour y masser ses troupes.
Incapable de s'opposer à la demande égyptienne, le Secrétaire général obtempère immédiatement. Il démontre ainsi l'incapacité de l'ONU, à cette époque, à remplir son rôle de gardien de la paix lorsque c'est le plus indispensable. A partir de cet instant, la méfiance d'Israël envers le « grand machin » ne sera plus jamais levée.
Ce 18 mai commence la période dite d' « attente » qui durera trois semaines au cours desquelles Israël tout entier est mobilisé, cerné par des pays arabes menaçants ayant mobilisé leurs armées, plongé dans l'angoisse. Le monde entier est préoccupé pour sa survie.
Finalement, c'est Israël qui prend l'initiative le 5 juin 1967, pour éviter d'être submergé de toutes parts. Six jours après, la guerre se termine par une écrasante victoire du jeune état juif.
Alors, le Conseil de Sécurité de l'ONU se saisit du problème. Chacun a en mémoire les conditions militaires et politiques qui prévalaient avant le conflit. La diplomatie internationale essaie donc de parvenir à un accord acceptable sur une résolution commune. Le texte est surtout élaboré par le représentant britannique, Lord Caradon, et par le représentant américain, Arthur Goldberg, après de multiples tractations et négociations pour arriver à un compromis, accepté par la majeure partie des pays concernés.
Finalement, le 22 novembre 1967, le Conseil de Sécurité de l'O.N.U vote la résolution 242.
Celle - ci mentionne le principe de non acquisition de territoires par la force, se référant à la présence de l'armée israélienne en Cisjordanie, à Gaza, dans le Sinaï et sur le Golan, mais rappelle la nécessité d'une paix juste et durable « fondée sur des frontières sûres et reconnues », se référant alors aux frontières indéfendables d'Israël que les états arabes ne veulent pas reconnaître.
Traitant du retrait des forces israéliennes, la résolution 242 mentionne dans le texte en anglais le retrait « from territories occupied » dans le récent conflit, mais refuse d'inclure « from all territories » ou de faire une quelconque référence aux frontières du 4 juin 1967. En revanche, le texte français, traduit par : « des territoires occupés ». Cette interprétation déclenche un débat qui durera longtemps entre les initiateurs anglophones de la résolution et les traducteurs français. Il faut cependant remarquer que ces derniers n'ont pas utilisé, eux non plus, l'expression « de tous les territoires » qu'ils auraient pu choisir.
Enfin, concernant la nomination d'un représentant spécial par le Secrétaire général, le texte adopté limite finalement son rôle à la recherche d'un accord entre les parties concernées « pour l'établissement d'une paix juste et durable. »
Le Conseil de sécurité
Exprimant l' inquiétude que continue de lui causer la grave situation au Moyen-Orient,
Soulignant l' inadmissibilité de l'acquisition de territoire par la guerre et la nécessité d'œuvrer pour une paix juste et durable permettant à chaque État de la région de vivre en sécurité,
Soulignant en outre que tous les États Membres, en acceptant la Charte des Nations Unies, ont contracté l'engagement d'agir conformément à l'Article 2 de la Charte,
1. Affirme que l'accomplissement des principes de la Charte exige l'instauration d'une paix juste et durable au Moyen-Orient qui devrait comprendre l'application des deux principes suivants :
i)
Retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés lors du récent conflit;
ii)
Cessation de toutes assertions de belligérance ou de tous états de belligérance et respect et reconnaissance de la souveraineté, de l'intégrité territoriale et de l'indépendance politique de chaque État de la région et de leur droit de vivre en paix à l'intérieur de frontières sûres et reconnues à l'abri de menaces ou d'actes de force;
2. Affirme en attire la nécessité
a)
De garantir la liberté de navigation sur les voies d'eau internationales de la région;
b)
De réaliser un juste règlement du problème des réfugiés;
c)
De garantir l'inviolabilité territoriale et l'indépendance politique de chaque État de la région, par des mesures comprenant la création de zones démilitarisées;
3. Prie le Secrétaire général de désigner un représentant spécial pour se rendre au Moyen-Orient afin d'y établir et d'y maintenir des rapports avec les États intéressés en vue de favoriser un accord et de seconder les efforts tendant à aboutir à un règlement pacifique et accepté, conformément aux dispositions et aux principes de la présente résolution;
4. Prie le Secrétaire général de présenter aussitôt que possible au Conseil de sécurité un rapport d'activité sur les efforts du représentant spécial.
Adoptée à l'unanimité à la 1382° séance