Documents historiques· Israël-Palestine

juillet 1968

La Charte Nationale Palestinienne

Fiche des archives de Proche-Orient Info

La Charte nationale de l'Organisation de Libération de la Palestine (O.L.P) qui avait été adoptée en 1964 est modifiée en juillet 1968, après la Guerre de Six Jours, par le Conseil national palestinien réuni au Caire.

Cette Charte, document de base de l'Organisation de Libération de la Palestine, définit le but de l'organisation, qui est d'anéantir l'état d'Israël par la lutte armée et de lui dénier toute légitimité. Ainsi, la Charte déclare que « le partage de la Palestine) en 1947 et l'établissement de l'état d'Israël sont illégaux (Article 19). La Déclaration Balfour, le mandat sur la Palestine et tout ce qui en découle sont nuls et non avenus » (Article 22). Les habitants juifs de Palestine sont des étrangers puisque seuls « les juifs qui résidaient habituellement en Palestine jusqu'au début de l'invasion sioniste seront considérés comme Palestiniens » (Article 6). La Charte ne précise pas si le début de « l'invasion sioniste » remonte à 1897 - date du ( premier congrès sioniste), ou même avant, ou à 1917, date de la Déclaration Balfour. Selon elle, la majorité de ces juifs sont passibles d'expulsion. Enfin « la lutte armée est la seule voie menant à la libération de la Palestine (Article 9) « …visant à éliminer le sionisme de la Palestine » (Article15).

L'abolition de cette Charte devient dès lors pour Israël une condition préliminaire à toute négociation pour une solution du conflit israélo-palestinien. Plus encore que son programme d'action, c'est son affirmation de l'illégitimité de l'existence d'Israël qui fait de cette Charte, au delà des Palestiniens, l'expression de la position arabe vis-à-vis d'Israël. Ce n'est donc pas la reconnaissance de son existence qu'Israël exige,- car les Arabes ne cherchent pas à la nier-, mais la reconnaissance de la légitimité de son existence. Abolir ce texte signifierait donc que les Arabes renoncent sincèrement à vouloir détruire l'état.

Vingt cinq ans plus tard, dans le cadre des accord d'Oslo, Yasser Arafat s'engagera à abroger les articles de la Charte qui dénient à Israël le droit à l'existence ( lettre d'Arafat à Rabin du 9 septembre 1993). L'amendement du texte ne pouvant être obtenu que par une majorité des deux tiers des membres du Conseil national de l'O.L.P, la procédure entamée par Arafat ouvre un débat interne au sein de l'organisation. Débat sur le plan juridique portant sur la validité « constitutionnelle » de cette procédure, débat idéologique aussi qui met en lumière l'opposition de certains groupes au renoncement à la philosophie et à la doctrine de la Charte.

De fait, l'amendement se fait en deux étapes. Le 24 avril 1996, le Conseil national palestinien adopte par 504 voix contre 54 et 14 abstentions la décision suivante :

1. La Charte nationale palestinienne est amendée par l'abrogation des articles qui sont contraires aux lettres échangées entre l'0.L.P et le gouvernement d'Israël le 9 septembre 1993

2. Elle charge son comité juridique de rédiger une nouvelle version de la Charte et de la présenter à la première session du Conseil central palestinien.

Le 14 février 1998, le Conseil national palestinien, selon les termes du memorandum de Wye Plantation se réunit à Gaza et entérine cette décision en présence du Président des États-Unis, Bill Clinton. Cependant, le vote a lieu à main levée, non à bulletin secret comme il se doit, et beaucoup de membres sont absents pour manifester leur hostilité radicale à cet amendement.

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