Documents historiques· Israël-Palestine
1er septembre 1967
Le « triple non » du Sommet de Khartoum
Fiche des archives de Proche-Orient Info
Après la Guerre des Six Jours et leur défaite, les chefs d'états arabes se réunissent à Khartoum, du 29 août au 1er septembre 1967. Ils doivent répondre à l'appel que leur a lancé le gouvernement israéliens : celui d'ouvrir des négociations dans le but de mettre fin au conflit et de signer un traité de paix.
Trois jours de délibérations les amènent à des décisions qu'ils rendent immédiatement publiques.
Le sommet décide de « multiplier les efforts en vue d'effacer les traces de l'agression » israélienne. Ces actions seront basées sur les principes suivants :
- non à la réconciliation avec Israël
- non à la reconnaissance de cet état
- non à des négociations avec lui et réaffirmation des droits du peuple palestinien sur sa terre.
Ces sont ces fameux "trois non" de Khartoum qui ferment pour longtemps la porte à toute négociation de paix.
1. Le sommet réaffirme l'unité des rangs arabes, l'unité d'action, sa ferme intention de liquider les séquelles de l'agression et l'attachement de tous les pays au pacte de solidarité adopté lors du troisième sommet tenu à Casablanca.
2. Le sommet décide de multiplier les efforts en vue d'effacer les traces de l'agression et proclame que les territoires occupés sont arabes et que la tâche de les récupérer incombe à tous les pays arabes.
3. Les rois et chefs d'État sont d'accord pour unifier leurs efforts sur le plan politique international et diplomatique afin d'effacer les traces de l'agression et d'obtenir le retrait des troupes israéliennes des territoires arabes occupés après le 5 juin. Cette double action sera entreprise sur la base des principes reconnus par tous les États arabes et qui sont :
pas de réconciliation avec Israël
pas de reconnaissance de cet État
pas de négociation avec lui et réaffirmation des droits du peuple palestinien sur son pays.
4. La conférence des ministres arabes des finances, de l'Économie et du Pétrole avait recommandé d'utiliser l'arrêt du pompage du pétrole comme arme dans le combat. Mais le sommet, après examen de la question, estime que le pompage du pétrole peut être employé comme arme, le pétrole étant une richesse susceptible de renforcer l'économie des pays arabes qui ont subi l'agression et de leur permettre de résister à l'épreuve. Aussi, la conférence décide-t-elle la reprise du pompage du pétrole, arme qui peut être utilisée pour la réalisation des objectifs arabes. Les pays producteurs de pétrole ont effectivement aidé les États ayant subi l'agression à résister aux conséquences de celle-ci.
5. Les participants à la conférence approuvent le projet présenté par le Koweït et prévoyant l' institution d'une caisse de développement économique et social arabe, conformément à la recommandation faite par la conférence des ministres de l'Économie, des Finances et du Pétrole, réunie à Bagdad.
6. Le sommet insiste sur la nécessité de prendre les mesures permettant le renforcement du potentiel militaire afin de faire face aux nécessités de l'heure.
7. Le sommet décide de hâter la liquidation des bases étrangères dans le monde arabe.
Source : israel-palestine.com