Documents historiques· Israël-Palestine

18 août 1988

Charte du Mouvement de la Résistance Islamique

Fiche des archives de Proche-Orient Info

Publiée le 18 août 1988, la Charte du mouvement de résistance islamique est un texte à prédominance religieuse. Pratiquement chacun de ses articles contient une ou plusieurs citations du Coran. Mais la Charte n'en présente et n'en analyse pas moins les situations politiques. Parce qu'elle est basée sur l'écrit fondamental, la Charte du Hamas se distingue d'autres manifestes, comme la Charte palestinienne de l'OLP, par sa rigidité : un texte religieux ne saurait être sujet ni à des révisions ni à des compromis.

Elle stipule que le Hamas est un mouvement islamique fondamentaliste qui puise sa ligne directrice de l'Islam (art. 1). Il se revendique comme faisant partie du mouvement des Frères Musulmans (art.2) créé en Egypte dans les années 1920 par Hassan El Bana. Ce mouvement intégriste devenu très violent, probablement le plus connu des temps modernes, fut combattu durement par les autorités égyptiennes sous Nasser.

Le Hamas « croit que la Palestine est un waqf islamique » (un bien sacré appartenant aux musulmans) « consacré aux générations de musulmans jusqu'au Jugement Dernier. Pas une seule parcelle ne peut en être dilapidée ou abandonnée à d'autres. Aucun pays arabe, président arabe ou roi arabe, ni tous les rois ou présidents arabes réunis, ni une organisation, même palestinienne n'a le droit de le faire (art.11) ».

Il y est affirmé que toutes négociations basées sur un compromis de partage de la Palestine historique ou « toutes procédures en contradiction avec la charia islamique en ce qui concerne la Palestine est nulle et non avenue (art.11) ». Ce qui rend évidemment caduques l'ensemble des Accords d'Oslo en particulier, ainsi que, par exemple, toutes les discussions à venir autour du plan saoudien adopté à Beyrouth en mars 2002 par la Ligue Arabe.

La Charte est d'ailleurs très explicite sur une solution éventuelle du conflit israélo-palestinien : « les initiatives et les soi-disant solutions de paix et conférences internationales sont en contradiction avec le principe de la résistance islamique. Violer n'importe quelle partie de la Palestine est une atteinte à la religion (art.13) ». Et d'ajouter : « Il n'existe pas de solution à la question palestinienne exceptée le djihad. Les initiatives, les propositions et les conférences internationales sont une perte de temps et des tentatives vaines (art.13) ».

Selon le Hamas, « la question de la libération de la Palestine est liée à trois cercles : le cercle palestinien, le cercle arabe et le cercle islamique (art.14) ». Trois cercles de référence et définis comme tels par Yasser Arafat lui-même au sommet de Camp David en juillet 2000.

« Il est impératif d'instiller dans l'esprit des musulmans que le problème de la Palestine est un problème religieux et qu'il doit être traité sur cette base (art.15) ».

La Charte utilise indifféremment les termes sioniste, juif et israélien et utilise les arguments antisémites puisés dans la tradition de l'extrême droite européenne des XIXème et XXème siècles, en particulier le Protocole des Sages de Sion, sur le rôle du judaïsme mondial qui « a mis sur pied des sociétés secrètes comme les francs-maçons, les clubs Rotary, les Lions et autres, dans différentes parties du monde afin de saboter les sociétés et servir les intérêts sionistes (art.22) ».

Elle promet un monde de tolérance aux fidèles des autres religions. Mais cela à une seule condition : « sous la bannière de l'Islam, les fidèles des trois religions, l'Islam, le Christianisme et le Judaïsme peuvent coexister pacifiquement… cette paix n'est possible que sous la bannière de l'Islam ».

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