Documents historiques· Israël-Palestine

18 octobre 1991

La Lettre d’Assurances Américaines aux Palestiniens

Fiche des archives de Proche-Orient Info

Deux événements marquent la vie politique du Moyen-Orient entre 1989 et 1990 : l'effondrement de l'Union soviétique et la Guerre du Golfe. Ces nouvelles donnes géopolitiques créent un contexte propice à une initiative de grande envergure pour tenter de trouver une solution au conflit israélo-arabe. Après de longues négociations et des compromis, il est convenu qu'une conférence internationale se réunira à Madrid le 30 octobre 1991.

Sont conviés à cette conférence, Israël, la Syrie, le Liban, la Jordanie, une délégation palestinienne, la Communauté européenne, ainsi que le représentant des Nations unies.

Comme pour la Conférence de Genève en 1973, il faut contourner de nombreux obstacles : celui du refus arabe de toute négociation bilatérale et directe avec Israël; les appréhensions d'Israël à l'égard d'une conférence internationale - la Communauté européenne sera finalement invitée comme « participant » et les Nations unies comme observateur -; le refus d'Israël de négocier avec l'O.L.P - on se met d'accord sur une délégation palestinienne sans membres de l'O.L.P. qui fera partie de la délégation Jordanienne.

La lettre d'invitation est signée par les deux initiateurs, les États-Unis et l'Union soviétique, qui s'engagent « à apporter leur aide aux parties pour parvenir à un règlement pacifique du conflit ».

La Conférence durera trois jours et n'aura pas le pouvoir d'imposer des solutions aux parties. Elle sera suivie de négociations directes entre elles.

La Conférence de Madrid a donc deux volets, l'un bilatéral et l'autre multilatéral.

Le premier comporte des négociations entre Israël et chaque pays arabe séparément - Jordanie, Syrie, Liban- dans le but d'arriver à une solution pacifique du conflit.

Les négociations avec les Palestiniens se dérouleront en deux phases : la première, pour arriver à un accord intérimaire pour une autonomie interne. La seconde, au cours de la troisième année, pour parvenir à une solution définitive du conflit.

Elles démarrent avec difficulté. La délégation palestinienne se heurte au problème de sa représentativité face à l'O.L.P qu'Israël refuse de reconnaître.

Dans le même temps et dans le plus secret, loin des feux de la rampe et des médias, des négociateurs de l'OLP et israéliens se rencontrent en Europe du nord. Elles aboutiront en 1993 à la reconnaissance mutuelle et aux accords d'Oslo.

Les négociations bilatérales entre la Jordanie et Israël se concrétisent le 26 octobre 1994 par la signature d'un accord de paix.

Les négociations avec la Syrie se déroulent à Washington au niveau des ambassadeurs et n'aboutissent pas. Il en est de même avec le Liban, dont la position est calquée, comme d'habitude, sur celle de la puissance occupante.

Le volet multilatéral a pour objectif de traiter des problèmes régionaux tels la sécurité et le désarmement, le développement économique régional, le problème des réfugiés, l'eau, l'environnement.

La première rencontre a lieu à Moscou en janvier 1992. Plusieurs autres ont lieu dans différents pays, y compris au Moyen-Orient, mais les difficultés rencontrées dans le volet politique bilatéral ont ralenti les négociations multilatérales et gelé les projets de développement régional.

La signature de l'accord de paix avec la Jordanie a ramené les projets de coopération économique régional au niveau bilatéral, en attendant un vrai dégel politique.

Quant à l'expérience de la Communauté européenne, qui a mis l'accent sur la coopération économique comme moteur de la coopération politique, elle a beaucoup inspiré les promoteurs de la coopération régionale au Moyen-Orient.

Mais il apparaît clairement que cette dernière n'a pas d'avenir sans un minimum de relations politiques.