Documents historiques· Israël-Palestine

27 janvier 2001

La déclaration israélo- palestinienne de Taba

Fiche des archives de Proche-Orient Info

2001 Après l'échec du sommet de Camp David en juillet 2000, et malgré le déclenchement de la deuxième intifada par les Palestiniens, un dernier round de négociations israélo-palestiniennes se déroule à Taba entre le 21 et le 27 janvier 2001. La délégation israélienne est présidée par le Ministre des Affaires étrangères, Shlomo Ben Ami, la délégation palestinienne par Ahmed Qorei (Abu Ala), président du Conseil législatif palestinien.

Les négociations de Taba sont les dernières de l'équipe Barak avant les élections israéliennes du 6 février 2001 et l'arrivée au pouvoir d'Ariel Sharon. Elles ont lieu dans un contexte politique surréaliste : Barak est sans majorité à la Knesset, il est désavoué par une grande partie des Israéliens qui lui reprochent de négocier sous le feu.

Le communiqué final des rencontres de Taba indique qu'elles ont pour but d'établir un accord permanent entre les deux parties. Il déclare que, sur les quatre thèmes principaux (Jérusalem, sécurité, frontières, réfugiés), il y a eu des avancées, que les deux parties ont examiné les idées émises par le président Clinton, mais que le calendrier politique (les élections en Israël prévues pour février 2001) a empêché d'aboutir à un accord. Les deux parties expriment l'opinion qu'il sera possible de concilier les divergences et de trouver un accord de paix stable entre elles.

Les rencontres de Taba signent le dernier effort pour ramener les parties à la table des négociations. Efforts qui ne sont pas relâchés dans les mois qui ont précédé.

Une rencontre à Paris, le 4 octobre 2000, entre Barak et Arafat n'avait pas abouti. Deux délégations, israélienne et palestinienne, s'étaient ensuite rendues à Washington fin décembre. Le Président Clinton avait tenté de débloquer la situation en s'engageant encore plus dans la « bataille » et avait proposé aux deux parties des idées américaines de compromis : le plan Clinton.

• Sur Jérusalem Il s'appuyait sur les idées avancées à Camp David et sur le partage de la ville entre Israël et les Palestiniens, selon le principe que les quartiers arabes de la ville feront partie de la Palestine et que les quartiers juifs appartiendront à Israël. Le Mont du Temple, (Haram-El-Sharif) et l'Esplanade des mosquées seront sous souveraineté palestinienne. Le quartier juif ainsi que le Mur des Lamentations seront sous souveraineté israélienne.

• Sur le problème des réfugiés Les réfugiés palestiniens auront le droit de retourner dans leur patrie qui est l'État palestinien et le droit du retour sera ainsi reconnu comme accompli. Il n'y aura pas de retour en Israël qui sera reconnu comme la patrie du peuple juif.

• Sur les frontières Les frontières entre Israël et l'État palestinien seront celles du 4.6.1967 avec quelques rectifications. Les blocs d'implantations où habitent 80 % des habitants des territoires, et qui représentent 5% de la Cisjordanie, seront annexés à Israël. Un échange de territoires récompensera les Palestiniens. Un passage sûr entre Gaza et la Cisjordanie sera assuré aux Palestiniens. Il est entendu que les implantations non annexées seront démantelées.

• Sur la sécurité Les forces armées israéliennes se retireront graduellement du territoire en 36 mois et seront remplacées au fur et à mesure par une force internationale. La présence armée israélienne dans la vallée du Jourdain durera 36 mois supplémentaires

Avant l'arrivée de la délégation israélienne à Taba, le porte-parole d'Ehoud Barak avait précisé la position d'Israël :

1. Israël n'acceptera jamais le droit au retour de réfugiés palestiniens à l'intérieur du territoire israélien.

2. Le Premier ministre Ehoud Barak ne signera pas un document qui transfère la souveraineté sur le Mont du Temple aux Palestiniens.

3. Dans tout règlement du conflit, 80% des habitants des implantations seront sous souveraineté israélienne.

Le 6 février 2001, Ehoud Barak perd les élections. Ariel Sharon les gagne. Aux États-Unis, George Bush est élu.

Le 8 février 2001, Ehoud Barak envoie une lettre au nouveau président américain dans laquelle il affirme que les idées avancées durant les négociations de Camp David et celles du Président Clinton – jamais écrites - n'engagent pas le nouveau gouvernement israélien. Il rappelle d'autre part que le Président Clinton avait précisé que les idées qu'il a avancées seraient obsolètes à la fin de son mandat présidentiel et ne sauraient engager son successeur. Ehoud Barak souligne que son gouvernement a fait tout son possible pour mettre un terme au conflit, mais qu'il n'a pas réussi à cause du manque de souplesse du côté palestinien, principalement.

La déclaration israélo- palestinienne de Taba — Proche-Orient ◆ info