Nouveau Moyen-Orient

Fin de l’aide militaire américaine : mais Israël en a-t-il encore besoin ?

VEILLE DES MEDIAS - L’annonce, par Donald Trump, de la fin de l’aide militaire américaine à Israël aura des conséquences. Mais celle-ci ne sont pas forcément négatives.

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Système « Patriot » américain de l’armée israélien (Sara Lemel/picture alliance via Getty Images).
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L’annonce de Trump de mettre fin à l’aide américaine à Israël est intervenue au détour d’une interview à Fox News, le jour des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Le président américain n’a pas précisé si elle interviendrait immédiatement ou après l’expiration de l’accord actuel en 2028.

Netanyahu souhaitait une diminution progressive sur dix ans, jusqu’en 2038. « Le point essentiel n’est pas le détail du transfert de l’aide, mais le calendrier politique », écrit Nadav Eyal dans Ynet, le site du quotidien israélien Yedioth Aharonoth, plus inquiet de la « réserve inépuisable de ressentiment et de haine envers Israël » : le président américain « a découvert ce que Mamdani avait découvert avant lui. (…) Ceux qui croient encore que le problème est le Parti démocrate n’ont pas pris la peine de regarder les derniers sondages sur les opinions des jeunes Américains. » Plus grave encore, « Israël n’a aucune stratégie pour restaurer son statut aux Etats-Unis, ou au moins arrêter l’hémorragie ».

ANALYSE

Midterms : la mutation de l’Amérique à l’ombre de Gaza

Il n’y a pas que l’onde de choc « Free Palestine ». En annonçant l’arrêt de l’aide militaire américaine à Israël pour la fin de l’année, le jour même du vote pour l’élection capitale de mi-parcours, Donald Trump a fait entrer le Moyen-Orient au Congrès.

Avec la fin de cette aide, ajoute-t-il, « les relations entre les appareils de défense seront gravement affectées, et Israël sera beaucoup plus exposé à des mesures plus sévères, comme des sanctions. »

Dans l’intérêt d’Israël

Dans l’hebdomadaire israélien national-religieux conservateur Makor Rishon, on se réjouit, au contraire, de cette annonce. Car, écrit Raphaël Ben Levi, cette aide, qu’il évalue à 3,3 milliards de dollars par an, « contribue à l’érosion de l’image d’Israël auprès du public américain » : « Israël ne peut pas être simultanément un Etat de haute technologie de premier plan et continuer à recevoir des sommes considérables d’aide selon un modèle qui rappelle celui pratiqué dans les économies du tiers-monde. »

Selon Ben Levi, « depuis plusieurs mois, cette question fait l’objet de négociations entre les deux pays, alors qu’il a été convenu à l’avance qu’Israël passerait d’un modèle d’aide sous forme de subventions utilisables auprès de l’industrie américaine à un modèle de partenariat dans lequel les deux pays investissent dans des projets communs ». La déclaration de Trump selon laquelle « l’aide prendra fin d’ici la fin de l’année » « répondait à des besoins politiques et ne visait pas à fixer un calendrier rigide », affirme-t-il.

D’ailleurs, cette aide est-elle vraiment utile ? « Elle n’a pas suffi à dissuader l’Iran de déclencher contre nous une guerre sur plusieurs fronts », note l’hebdomadaire. Peut-être même a-t-elle eu l’effet inverse, en « présentant Israël comme un Etat dépendant et nécessiteux, incapable de tenir debout par ses propres moyens ».

Il est formel : « Avec une économie à 610 milliards de dollars, Israël peut tout à fait effectuer une transition progressive, en passant de la dépendance à l’aide au financement intégral de ses achats d’armements par ses propres moyens. » Cela est d’abord et avant tout « l’évolution naturelle d’un partenariat arrivé à maturité au fil des décennies ».

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