Elections israéliennes : « une compétition entre deux criminels pour perpétuer le génocide »
Vu d’Iran, un retour de Netanyahou au pouvoir reste possible, ne serait-ce que sous une forme d’intérim.
Le quotidien Keyhan (la Pravda du régime iranien) rassure ses lecteurs : les élections législatives israéliennes ont abouti à une paralysie totale, d’Israël et de Netanyahou. Elle n’étaient de toute façon qu’une « compétition entre deux criminels pour perpétuer le génocide ».
Il y a d’une part Gadi Eisenkot, responsable du « massacre de 200 civils à Gaza en 2018, ministre dans le gouvernement Netanyahou pendant les huit premiers mois du génocide à Gaza et architecte de la « doctrine Dahiya », qui consiste à cibler les infrastructures civiles ». Et puis il y a surtout Netanyahou, le responsable de « dix-neuf années de génocide et massacre de centaines de milliers de femmes, d’enfants et de personnes âgées – palestiniens, libanais, syriens, yéménites, irakiens et iraniens ».
Au final, ces élections démontrent « l’influence croissante des partis arabes, l’affaiblissement de l’extrême droite et des partis religieux (israéliens), une impasse politique, et des coalitions susceptibles de paralyser davantage l’appareil décisionnel du régime ». Le quotidien mise sur la persistance de la paralysie grâce à Eisenkot qui a « qualifié Netanyahu de Premier ministre « par intérim », a réclamé sa démission et a exhorté les services de sécurité à s’opposer » à lui.
La Pravda du régime retourne brièvement dans le monde réel en reconnaissant que « Netanyahu pourrait se maintenir avec (tous) ses pouvoirs, notamment militaires », mais elle regagne rapidement sa zone de confort en affirmant que Netanyahu ne s’y risquerait pas car, selon Yossi Mekelberg (chercheur associé au Chatham House), il se trouverait dans « une situation plus instable et dangereuse compte tenu de ses affaires de corruption et son procès en cours ».
Enfin, Kayhan revient sur la guerre contre l’Iran, soutenant que « selon tous les experts internationaux, non seulement l’Iran n’a pas perdu cette guerre, mais il s’est imposé comme la quatrième puissance mondiale en triomphant de tous les pays de l’OTAN ».