Documents historiques· Israël-Palestine

70 – 640

De la destruction du second Temple à la conquête arabe

Fiche des archives de Proche-Orient Info

En l'an 70, la destruction de Jérusalem et du Temple, centre spirituel d'identification nationale du peuple juif, mettent fin à l'indépendance d'Israël mais pas à son existence.

La guerre contre les Romains continue trois ans encore autour de quelques forteresses. Elle coûte la vie à plusieurs centaines de milliers de personnes. Massada, au bord de la Mer Morte, tombe la dernière, en 73 : ses défenseurs, les Zélotes, un millier d'hommes, de femmes et d'enfants, ont préféré se suicider plutôt que de tomber aux mains des assaillants romains. Ainsi, Massada deviendra le symbole de sacrifice et de résistance dans l'histoire d'Israël.

Un des dirigeants religieux, Rabbi Yohanan Ben Zakai, qui a pu s'enfuir de Jérusalem assiégée, s'installe à Yavné, petite ville au sud d'Israël où il crée un centre religieux qui devient le centre de résurrection spirituel du peuple, en l'absence du temple de Jérusalem.

En dépit des destructions et des massacres, la reconstruction du pays est cependant rapide. Vers la fin du premier siècle, de nombreuses villes sont de nouveau peuplées. Mais le peuple s'accommode mal du gouvernement étranger, de l'absence d'indépendance et des restrictions religieuses imposées par les Romains.

Dans les années 115-117, une série de révoltes éclatent dans les centres juifs de l'Empire romain, surtout en Égypte et en Libye, où les frictions permanentes avec la population grecque deviennent explosives. La communauté juive d'Alexandrie, particulièrement florissante, est détruite.

En l'an 132, éclate en Israël une nouvelle révolte dirigée par Bar Kochba. Si elle permet au pays de retrouver pendant trois ans son indépendance, elle est matée avec une cruauté sans précédent : les populations à peine remises du massacre qui a eu lieu cinquante ans auparavant, sont tuées par centaines de milliers; des dizaines de milliers d'hommes, femmes et enfants sont vendus dans les marchés aux esclaves de la région; des destructions massives ont lieu, à Jérusalem et en Judée surtout. Le centre de Yavné est détruit, ses dirigeants qui ont appuyé le soulèvement sont mis à mort. La population juive de Jérusalem est expulsée, et la ville lui est désormais interdite.

La Judée mettra des générations à se relever. Le centre vital du pays est passé de la Judée au sud en Galilée au nord. Les deux institutions qui dirigeaient la vie interne de la population juive à Jérusalem, le Sanhédrin et la « Nessiut » (présidence de l'institution religieuse) s'installent successivement dans différentes villes en Galilée, à Usha, à Bet Shearim et à Tibériade.

Au début de ce siècle, la majorité de la population vit encore d'agriculture. La politique agricole de Rome favorise les grandes propriétés. La population juive, composée en majorité de petits propriétaires, se voit contrainte de se déplacer petit à petit vers les villes. Encore majoritaire dans le pays, elle ne jouit plus, depuis le premier siècle, d'une indépendance politique mais elle dispose d'une certaine autonomie interne administrée par le Sanhédrin et une autorité religieuse suprême, le Nassi.

En 313, l'empereur romain Constantin reconnaît la religion catholique comme religion d'État, et met fin à la traditionnelle tolérance religieuse qui régnait dans l'immense empire où cohabitent des peuples et des traditions religieuses différents. Au début, cette intolérance n'est pas particulièrement dirigée contre les juifs mais, peu a peu, des lois antijuives sont promulguées.

En 425, à la mort du Nassi, dernier descendant du Roi David d'après la tradition, l'institution est abolie et avec elle une grande partie de l'autonomie de la population.

Les deux siècles suivants, jusqu'à la conquête arabe et l'expulsion des Byzantins, sont généralement des années de misère et de souffrance. La population juive s'amenuise en permanence.

Au début du 7ème siècle, les armées perses renouvellent leurs attaques contre les Byzantins. En 614, elles conquièrent Jérusalem et la transmettent aux Juifs. En 627, l'armée de Byzance inflige une défaite à l'armée perse et l'Empereur byzantin organise une entrée mémorable à Jérusalem d'où tous les juifs sont de nouveau expulsés. La conquête de Jérusalem par les Byzantins ne durera pourtant pas longtemps.

C'est le début de l'expansion arabe. Du Nord (Syrie), au sud (Egypte), les régions tombent une à une. Jérusalem se rend aux Arabes en 638.