Documents historiques· Israël-Palestine
17e siècle av. J.-C.
En préambule… Naissance du peuple d’Israël
Fiche des archives de Proche-Orient Info
Au 17ème siècle avant J.C., un homme nommé Abraham quitte avec sa famille sa ville natale de Ur en Chaldée (aujourd'hui Irak) pour s'installer en Canaan (aujourd'hui Palestine - Eretz Israël).
En rupture avec l'idolâtrie qui règne à son époque, Abraham, lui, croit en un Dieu unique. Il crée ainsi une foi nouvelle, le monothéisme. Les deux autres religions qui en seront issues, le christianisme et l'islam, reconnaissent Abraham comme ce créateur et le vénèrent pour tel.
La famille d'Abraham s'agrandit, devient une grande tribu qui observe sa religion. Tel est le début du peuple juif.
Le fils d'Abraham s'appelle Isaac et le fils d'Isaac, Yaacov-Israël. Abraham donne ce nom d'Israël à son peuple qui devient le peuple d'Israël et son pays s'appelle Eretz Israël, en hébreu « la terre d'Israël », et non pas le « Grand Israël » comme on le traduit à tort aujourd'hui pour des raisons idéologiques.
Ainsi qu'au commencement de tous les peuples, les racines de celui ci se perdent dans la nuit des temps et son histoire est faite d'un mélange de légendes et de réalités.
Jusqu'au 11ème siècle avant J.C., le peuple hébreu conserve encore son organisation tribale. Il est gouverné par des juges, mi-guides spirituels et religieux, mi-chefs militaires. Mais la région est successivement envahie par des peuples immigrants qui traversent cette terre située à la croisée des chemins entre l'Asie et l'Afrique. Parmi eux, les Philistins qui viennent de la mer, probablement de Crète. Ils mènent des batailles féroces contre la population locale, envahissent l'Égypte mais sont repoussés par les Égyptiens qui les laissent s'installer dans le sud d' Eretz Israël, surtout dans la région de Gaza.
Face à cette vague d'envahisseurs et placé dans une situation particulièrement dangereuse, le peuple d'Israël finit par se choisir un roi. En 1020 avant JC., Saul devient le premier roi d'Israël. En 1004, il meurt au combat contre les Philistins à Gilboa, au nord du pays.
Le Roi David lui succède. Il transfert le centre administratif du nord au sud, dans une petite ville qui s'appelle Jérusalem et qui devient la capitale d'Israël.
En 965 avant J.C., à la mort de David, son fils Salomon prend les rênes de la nation. Salomon réalise le rêve de son père et construit à Jérusalem un grand temple qui devient très rapidement le centre religieux et spirituel du pays, mais aussi un symbole de la souveraineté du peuple.
Le pays vit une période de développement économique et de prestige international sans précédent mais, à la mort de Salomon, son successeur, son fils Réoboam est fortement contesté. Un chef militaire rebelle soutenu par l'Égypte, Jeroboam, est nommé roi et le pays se divise en deux : Israël au nord, Yehuda (la Judée) au Sud.
Les deux pays connaissent des fortunes diverses. Ils sont souvent envahis par les armées des grandes puissances du moment, l'Égypte, l'Assyrie, la Babylonie, et la Perse.
En 720 avant J.C., l'Assyrie envahit le royaume d'Israël au nord et déporte sa population.
En 586 avant J.C., Jérusalem et le premier Temple de Salomon sont détruits par les Babyloniens qui pillent le lieu saint. Sur ordre du roi Nabuchodonosor, une grande partie de la population juive est exilée en Babylonie. Les Babyloniens emportent avec eux les objets de culte du Temple, notamment les candélabres qui l'ornaient et que le roi Salomon avait fait couler dans l'or massif. La Bible, dans le livre « L'exode », décrit avec beaucoup de détails la forme de ces menorah à sept branches.
La Perse, qui s'affirme déjà comme la nouvelle puissance, envahit la Babylonie et conquiert la ville de Babylone.
En 538 avant JC, le roi perse Cyrus publie un décret autorisant les juifs déportés par Nabuchodonosor à retourner dans leur pays et à reconstruire leur temple, connu dans l'histoire sous le nom de deuxième Temple.
Geste symbolique, il leur rend même leurs objets de culte et leurs candélabres, qu'ils réinstallent dans leur lieu de prières. Ils vont y rester près de six cents ans, jusqu'à la destruction du Deuxième Temple par les Romains en l'an 70.
En 332 avant J.C., c'est au tour de la Grèce, avec à sa tête Alexandre le Grand, d'envahir la région. À cette invasion, suivie de tentatives d'hellénisation, succèdent une série de révoltes de la population juive, jalouse de son indépendance et fidèle à sa religion et à ses coutumes.
En 160 avant J.C., une de ces révoltes, dirigée par une grande famille de la ville de Modiin, connue sous le nom de Maccabéens, chasse les Grecs. Les Maccabéens et leurs descendants, les Asmonéens, gouvernent alors le pays.
Etendant leur empire jusqu'à ces marches, les Romains arrivent ensuite dans la région. En 66 après JC., une nouvelle révolte juive amène les Romains à renforcer les légions romaines et, en 70, Titus et ses troupes assiègent Jérusalem. Le deuxième Temple est détruit.
Avec l'anéantissement du centre religieux et spirituel, tombe aussi le symbole de l'autonomie. L'année 70 marque la fin de l'indépendance d'Israël. Les Romains veulent d'ailleurs effacer jusqu'au nom de ce peuple rebelle et de sa terre, Israël. S'inspirant du nom des Philistins installés depuis dix siècles, ils décident d'appeler le pays Syria – Palestina, qui deviendra ensuite Palestina.
D'autres révoltes matées par les Romains contribuent à la destruction quasi totale du pays, à l'exil forcé ou à l'émigration juive vers les pays voisins, autour de la Méditerranée et dans l'ensemble de l'empire romain.
Jérusalem abattue, d'autres centres religieux surgissent au nord et au sud, que rallient bon nombre de juifs. Une partie de cette population reste cependant vivre à Jérusalem.
A Rome, la victoire de Titus sur Israël est célébrée par une grande parade de soldats romains portant le trophée dérobé dans le temple de Jérusalem, un des chandeliers.
Et, sur la voûte interne de l'arc de triomphe érigé à Rome à la gloire de Titus, élevé par son frère l'empereur Domitien vers l'an 81,- monument très touristique de la capitale italienne-, on peut encore aujourd'hui admirer un bas-relief qui montre le défilé de la victoire avec, au milieu, des soldats romains portant le candélabre à sept branches. Validé à la fois par le récit biblique et par le témoignage architectural, la menorah, en l'absence de tout témoignage tangible sur les autres objets que contenait le deuxième Temple, devient alors objet sacré et symbole national, même pour les juifs non religieux.
Ainsi, la Menorah est choisie comme emblème de l'État d'Israël après la déclaration de son indépendance en 1948.