Documents historiques· Israël-Palestine

mars 2002

Les résolutions 1397 – 1402 – 1403 de l’ONU

Fiche des archives de Proche-Orient Info

Le déclenchement par les Palestiniens de la deuxième intifada, dite Al Aqsa, en septembre 2000, a provoqué une série d'initiatives internationales sous la houlette de Bill Clinton puis de Georges W. Bush, dans l'espoir de faire aboutir ou de relancer les négociations politiques entre Israël et les Palestiniens.

C'est d'abord une commission internationale, présidée par l'ancien sénateur américain George Mitchell, qui présente en mai 2001 un rapport définissant les conditions préalables, les étapes et les procédures de négociations entre les deux ennemis.

Puis, devant la détérioration de la situation, le directeur de la CIA, George Tenet, propose un plan pour l'arrêt de la violence et un cessez-le feu. Ce plan est accepté par les deux parties mais non appliqué. Or, il est préliminaire à l'application du rapport Mitchell.

Enfin, le Prince Abdallah d'Arabie Saoudite propose fin février 2002 un plan qui devrait engager tous les pays arabes sans exception : la reconnaissance d'Israël et des relations normales en échange d'un retour sur toute la frontière de 1967. Ce plan, sensiblement modifié, est adopté à Beyrouth par la Ligue arabe fin mars 2002.

Mais toutes ces initiatives n'ont pas ralenti les actes de violence, particulièrement les attentats suicides perpétrés en Israël par les kamikazes palestiniens du Hamas, du Jihad islamique et des Brigades des Martyres d'Al Aqsa, émanation du Fatah.

Le Conseil de sécurité de l'ONU, saisi par les Etats-Unis eux-mêmes de la question du conflit israélo-palestinien, vote alors à l'unanimité la résolution 1397 le 13 mars 2002. Elle exige l'arrêt de la violence, se montre très ferme à l'égard de l'Autorité palestinienne. Elle rappelle en outre ses résolutions antérieures, notamment les 242 et 338, encourage la réalisation des initiatives précédentes, Mitchell, Tenet, Abdallah, et une intensification des efforts diplomatiques de tous les grandes puissances politiques concernées.

Dans son préambule, et pour la première fois depuis la conquête involontaire de Jérusalem, de la Cisjordanie, de Gaza par Israël en 1967, la résolution 1397 souhaite la création d'un état palestinien à côté de l'état juif sur les territoires.

Elle reprend ainsi le vœu exprimé publiquement, quelque temps auparavant, par le président Bush, qui avait surpris tout le monde.

Quelques jours plus tôt aussi, le premier ministre israélien, Ariel Sharon, avait donné son accord devant son peuple pour que la solution du conflit passe par la création d'un état palestinien indépendant. Sharon endossait ainsi et confirmait l'évolution de la position israélienne.

La résolution 1397 de l'ONU a donc ceci de nouveau par rapport au vote de 1947 : elle officialise l'évolution de la position des acteurs essentiels ou des parties prenantes du conflit.

La situation au Proche-orient continuant à se détériorer, avec le déclenchement par Tsahal de l'opération « Rempart » destinée à « nettoyer » les camps et les villes palestiniennes des infrastructures terroristes, le Conseil de sécurité vote deux autres résolutions : la 1402 le 30 mars 2002, et la 1403 le 4 avril 2002. Elles appellent les deux parties à réaliser un cessez-le-feu et enjoignent aux forces israéliennes de se retirer des villes palestiniennes.

Les résolutions 1397 – 1402 – 1403 de l’ONU — Proche-Orient ◆ info