Le Hamas s’infiltre dans les municipales allemandes
En pleines négociations pour la formation de la coalition municipale à Berlin, Elif Eralp, candidate de Die Linke, envoie par erreur à Der Spiegel des échanges internes. Elle écrit craindre des infiltrations du Hamas.

Depuis les élections du 20 septembre, les négociations vont bon train pour former l’équipe municipale berlinoise. L’affaire est née « d’une erreur ». Elif Eralp, candidate de Die Linke à la mairie de Berlin, arrivée en tête avec 25,7% des suffrages, avait demandé au quotidien allemand Der Spiegel de relire ses citations à la suite d’une interview. Le fichier renvoyé au magazine contenait aussi des « échanges internes concernant les modifications à apporter au texte ».
L’information est rapportée par le site israélien Ynet. Celui-ci précise qu’Eralp tente d’y supprimer un nom, « conformément à la recommandation de la police de ne pas nommer personnellement les familles criminelles de Berlin ».
« Mon mari et moi ne voulons pas citer de noms précis. Nous avons, tous les deux, peur de ces gens », écrit-elle. « Maintenant, il s’agit de personnes ayant des liens avec le Hamas. Je ne peux pas me mettre en danger, moi et ma famille, pour Der Spiegel », poursuit-elle. Eralp évoque également Ibrahim Ibrahim, présenté par Ynet comme membre du « comité de coordination du Hamas et du Front populaire de libération de la Palestine ».
Tollé
Ces révélations ont suscité un tollé chez les conservateurs, à l’extrême droite et parmi les sociaux-démocrates. « Quiconque s’implique avec les criminels du Hamas (…) ne devrait pas s’étonner qu’ils réclament maintenant le prix de leur soutien », déclare le député berlinois Burkard Dregger. Pour l’ancien maire Michael Müller, ses propos « signifient que la maire de Berlin est vulnérable au chantage ». Martin Hikel, maire social-démocrate de Neukölln, dénonce « ces forces qui glorifient le terrorisme et l’antisémitisme ».
« Je ne laisserai personne m’intimider, je l’ai dit clairement. Il est tout à fait naturel de s’inquiéter pour sa famille », répond Eralp.
Le correspondant d’Ynet affirme que « sous la direction d’Eralp, la dimension antisémite et anti-israélienne s’est considérablement renforcée au sein de Die Linke ». En juin, le parti a adopté « l’affirmation selon laquelle Israël commet un génocide ». Selon Ynet, Eralp condamne pourtant certaines manifestations extrêmes, notamment les chants « Mort à Tsahal » à l’issue d’un congrès du parti à Neukölln. Cet été, elle a posé avec des militants pour qui le mouvement palestinien « ne prendra pas fin tant que Tel-Aviv ne sera pas entre des mains palestiniennes ».
L’article rapporte enfin qu’elle était membre, jusqu’à l’an dernier, de Red Aid (Rote Hilfe), organisation de gauche radicale à laquelle Ynet attribue la devise « La fin justifie tous les moyens ».
Ses tentatives de coalition avec les Verts et les sociaux-démocrates ont échoué, selon le site israélien, « en raison de manifestations d’antisémitisme au sein du parti et des liens de nombre de ses membres avec des acteurs de l’islam radical et des chefs de familles criminelles arabes ».