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Les élections israéliennes vues du Liban : « Ce sera le même plat, il n’y a que le cuisinier qui peut changer »

VEILLE DES MEDIAS - Participation, premières tendances... au Liban aussi, les élections israéliennes sont au cœur de l'actualité. Les réseaux sociaux s’enflamment. Les médias poussent l’analyse.

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Les bureaux de vote (ici, à Tel Aviv) n’ont pas désempli mardi lors des élections législatives en Israël (Oren Ziv/picture alliance via Getty Images).
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Les Libanais semblent aussi intéressés par les élections israéliennes que les Israéliens. Ils s’enflamment sur les réseaux sociaux, s’invectivent quant à l’identité du futur Premier ministre israélien et aux répercussions sur l’avenir de la région.

La presse, elle, est plus mesurée.

Plus qu’un processus démocratique, un test pour le peuple israélien

Le quotidien Al-Liwaa revient sur « le taux de participation sans précédent depuis des décennies, dans un contexte de violence croissante au Liban, à Gaza et en Cisjordanie et de menaces d’une nouvelle confrontation potentiellement plus violente et destructrice avec l’Iran ». Son constat : ces élections sont « plus qu’un simple exercice démocratique, (…) un test pour la capacité du peuple israélien à demander des comptes à ses dirigeants sur les échecs sécuritaires et militaires, ainsi que sur les allégations de corruption qui les minent ».

ELECTIONS ISRAELIENNES

Un vote, mille questions

Une certitude : Israël vient de vivre l’une de ses élections les plus complexes, sur le plan logistique comme sur le partage des blocs.

Mais « un changement de direction n’implique pas nécessairement une transformation radicale de la politique étrangère. Que le gouvernement d’extrême droite de Netanyahou se maintienne, ou que l’opposition, menée par Gadi Eisenkot, accède au pouvoir, les principaux objectifs sécuritaires et militaires devraient perdurer. Il s’agit notamment d’affaiblir le Hamas à Gaza, de séparer la bande de Gaza de la Cisjordanie, et de poursuivre les efforts de désarmement du Hezbollah au Liban », analyse-t-il. Concluant : « La différence résidera peut-être davantage dans les méthodes et le rythme, ainsi que dans les tentatives de regagner le soutien international et d’atténuer les conséquences de l’isolement, que dans une révision fondamentale de ces politiques. »

Pourquoi le Liban préfère Eisenkot ?

Le quotidien libanais Annahar assure, lui aussi, une large couverture à ce scrutin. Il se demande « pourquoi le Liban préfère Eisenkot à Netanyahou, bien qu’ils aient les mêmes objectifs », et trouve une réponse : « Gadi Eisenkot pourrait se montrer plus flexible dans sa gestion de la situation, car il est pleinement conscient de l’état de l’appareil militaire et de l’impact de la guerre prolongée sur le personnel militaire, ainsi que des répercussions de celle-ci sur l’opinion publique, tant en Israël que dans le monde ».

Annahar ajoute que « les intérêts demeurent les mêmes, seuls les méthodes et les outils diffèrent ». Mais ce qui est certain, c’est que « le Liban attend les résultats des élections israéliennes et la formation d’un nouveau gouvernement en Israël pour relancer les négociations, au point mort depuis la signature de l’accord-cadre ».

Dans ce contexte, « le Liban officiel estime que la victoire de Gadi Eisenkot pourrait être préférable à celle de Benyamin Netanyahou, non pas nécessairement parce qu’il adopterait une politique plus indulgente envers le Liban, mais parce que la comparaison entre les deux hommes porte sur la manière dont la guerre est gérée », Eisenkot étant perçu « plus enclin à conjuguer pression militaire et compromis politique ». Et cela, bien que ses prises de position publiques ne révèlent pas de divergence fondamentale avec celles de Netanyahou concernant les objectifs de sécurité au Liban.

Le Hezbollah salue le déclin du « roi d’Israël »

Le quotidien Al-Akhbar, porte-parole du Hezbollah, titre ce matin : « Le déclin du roi d’Israël, l’horizon mystérieux de Netanyahou ». Et de résumer ainsi la situation : « Les élections israéliennes révèlent le déclin de Netanyahou, sans pour autant déterminer son sort politique, dans un contexte de division de ses opposants et de leur incapacité à garantir une alternative, tandis que les politiques hostiles envers les Palestiniens et la région restent constantes malgré la lutte pour le pouvoir. »

Il rend hommage au « rôle crucial des citoyens palestiniens d’Israël », « une force que les deux camps ne peuvent ignorer ». Ils ont aujourd’hui « une réelle opportunité d’évincer la clique fasciste qui a assombri leur quotidien ces dernières années, notamment Itamar Ben-Gvir ».

Le quotidien hezbollahi relève néanmoins que « le différend entre Netanyahou et ses opposants, aussi important soit-il, n’a pas entraîné de rupture avec les politiques hostiles, expansionnistes et sanglantes ».

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