Culture à l'envers

EXCLUSIF – Le scandale Macklemore à Bercy : un concert pour le Hamas

Le « Free Palestine Tour » du rappeur antisémite américain Macklemore passe par l’Accor Arena de Bercy à Paris, le 29 octobre. Un concert au profit de douze organisations, toutes plus ou moins reliées au mouvement terroriste palestinien. Passage en revue de ces bénéficiaires. Comment les autorités françaises peuvent-elles laisser faire ?

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Le rappeur américain Macklemore se produira à guichets fermés, le 29 octobre, à l’Accor Arena de Paris-Bercy. Au programme, un « Free Palestine Tour », pour Gaza et contre les sionistes, afin de se consoler de son éviction de la tournée d’Ed Sheeran.

Le spectateur qui a payé sa place 68,70 euros a confiance : une partie des recettes, c’est promis, ira à douze organisations propalestiniennes qui ont en commun d’avoir salué le 7-Octobre, et dont certaines ont fait campagne pour des membres condamnés du FPLP et défilé aux côtés de Samidoun, classé terroriste par les Etats-Unis et le Canada.

Le tout dans une salle exploitée par une société d’économie mixte, dont la page de présentation qui reprend in extenso le communiqué du rappeur, avec l’expression « génocide en cours ». Un génocide qui, selon Macklemore, dure « depuis 1948 », année de la naissance de l’Etat d’Israël.

Passage en revue des heureux élus, tous très reconnaissants. Et avis au public de Bercy qui croit financer des repas et des prothèses, mais dont l’obole ira à ceux qui assassinent et spolient les Gazaouis de l’aide alimentaire en la revendant.

Palestinian Youth Movement

Le soir du 7 octobre 2023, le PYM publiait la photo de Palestiniens juchés sur une jeep israélienne : « La Palestine vit ! La résistance est vivante ! » Le lendemain, il cosignait un texte saluant la « lutte de libération sans précédent » des factions de Gaza. Sa porte-parole britannique, Jeanine Hourani, a jugé la prise d’otages « légitime » et « efficace ». En avril 2024, le FPLP l’a félicité publiquement. En juin, il manifestait devant la synagogue Adas Torah de Los Angeles, où une femme juive a été jetée au sol et piétinée. En janvier 2025, à Times Square, ses manifestants défilaient sous des bandeaux du Hamas.

En mai 2026, des jeunes de sa branche britannique étaient filmés dans un camp d’été criant qu’ils « écraseront le sionisme ». Le 7 octobre dernier, la police italienne interdisait ses rassemblements dans quatre villes.

IMEU

L’Institute for Middle East Understanding fournit aux journalistes américains des éléments de langage pour réduire le soutien à Israël, et une liste d’« architectes du génocide » où figurent Antony Blinken et Jake Sullivan. Diana Buttu, ancienne porte-parole de l’OLP, chargée de sa communication, voit dans le 7-Octobre une « conséquence naturelle » de l’occupation, présente le Hamas comme un « mouvement de libération » et son ancien chef, Yahia Al-Sinwar, comme un héros. En avril 2026, le maire de New York, Zohran Mamdani, assistait au gala de l’IMEU.

UNRWA USA

UNRWA USA collecte pour l’UNRWA, seule l’agence de l’ONU consacrée à une seule catégorie de réfugiés, avec 30.000 employés… qui ne sont pas tous pétris d’humanisme. UN Watch a épluché la boucle Telegram des enseignants dans les écoles de l’agence : 249 000 messages célèbrent le 7-Octobre, et personne ne s’y oppose. Israël affirme que douze des assaillants ce jour-là étaient salariés de l’agence, Yoav Gallant parle de 1.468 employés actifs au sein du Hamas et du Jihad islamique. Ainsi, le terroriste conduisant le SUV dans lequel, le 10 octobre 2023, était jeté le corps de Yonatan Samerano, scène immortalisée dans une vidéo du Hamas, y était travailleur social à l’UNRWA. Une otage israélienne raconte avoir été détenue par un enseignant de l’agence, qui la déplaçait d’une école de l’UNRWA à l’autre. Un autre a appris l’arabe auprès de son geôlier, lui aussi enseignant dans ces écoles. Pédagogues jusqu’au bout.

Dans les écoles de l’UNRWA (540 000 élèves, dont 286 000 à Gaza), on apprend que « le Jihad est l’une des portes du paradis », et pour apprendre les maths, les enfants comptent des martyrs sur des photos de cortèges funéraires.

Jewish Voice for Peace

En 2017, JVP invitait Rasmea Odeh, du FPLP, condamnée pour un attentat qui avait tué deux étudiants à Jérusalem. Le 7 octobre 2023, la « Voix juive pour la paix » imputait la violence à « l’oppression », sans nommer le Hamas. Le 3 mars 2024, Judith Butler, membre du comité consultatif, qualifiait le 7-Octobre de « résistance armée ». En septembre 2024, sa section du Michigan écrivait que « Mort à Israël » était « un impératif moral ». En janvier 2025, pour la Journée de la mémoire de l’Holocauste, celle de Columbia mettait en parallèle la libération d’Auschwitz et le cessez-le-feu de Gaza.

Le CAIR, principale organisation musulmane frériste américaine, l’a défendue publiquement quand Columbia l’a suspendue, en novembre 2023. JVP a aussi ses goodies : des tee-shirts « tous les sionistes sont racistes », ou des caricatures de soldats buvant du sang.

EN FRANCE

« Je ne suis pas habilitée à prendre la parole au nom de la salle sur le sujet »

Sur le site de l’Accor-Arena, une phrase « Génocide en cours », vient en appoint de l’annonce du concert de Macklemore, lqui y sera donné le 29 octobre.

Nous avons interrogé le service de presse de l’Accor-Arena qui nous a répondu par SMS : « Merci de vous rapprocher de livenation (sic). Je ne suis pas habilitée à prendre la parole au nom de la salle sur le sujet ».

Or, Live Nation France, premier organisateur de concerts dans l’Hexagone, (3 000 événements par an) n’a pas la main sur le site d’Accor. Un mail a été envoyé, sans réponse.

En réalité, tout le monde peut se défausser. La Mairie de Paris est propriétaire des murs, mais ne gère rien. Elle détient 52 % du capital de la structure via une convention de délégation de service public. L’Accor Arena est géré et exploité par la Paris Entertainment Company (PEC), une division de la Société anonyme d’exploitation du Palais omnisports de Paris-Bercy (SAE POPB). LA PEC dirige Bercy, Adidas Arena et le Bataclan. Aucune réponse côté communication. Marie Barsacq, directrice générale de la PEC est aux abonnés absents. Tout comme Lucie Castets qui préside le conseil d’administration de la SAE POPB. Il reste un Actionnaire privé principal dans la structure. Le groupe américain de divertissement AEG (Anschutz Entertainment Group) détient environ 45 % à 48 % des parts. Le patron de la filiale française est Arnaud Meersseman, grièvement blessé au Bataclan. Injoignable.

MECA

La Middle East Children’s Alliance finance l’eau potable à Gaza. Et a son idée sur le 7-Octobre : il s’agit, dans un communiqué publié peu après, du « soulèvement du peuple de Gaza en réponse à des décennies de violence coloniale de peuplement israélienne ». Le gouvernement américain est jugé, lui, coupable de soutien à « ce régime d’apartheid brutal ». En janvier 2025, après un cessez-le-feu temporaire entre Israël et le Hamas, MECA s’insurgeait : « Le génocide se poursuit plus discrètement. »

A part l’eau portable, MECA diffuse aux enseignants américains des éléments de langage pour les libérer du narratif pro-israélien et propose un programme pédagogique pour « faire entrer la Palestine dans nos classes et nos écoles » (aux Etats-Unis). Elle finance l’Union of Health Work Committees, que l’USAID rattache au FPLP, et lui a offert une ambulance. Et subventionne le Freedom Theatre de Jénine, dont le directeur expliquait le 7 octobre 2023 que les Palestiniens étaient « heureux » de se « venger ». MECA est membre actif de BDS, l’organisation de boycott frériste. Fin septembre, la commission des finances de la Chambre des représentants a demandé au fisc de lui retirer son exonération, en invoquant des subventions étrangères passées d’environ 1,8 à plus de 10 millions de dollars après le 7-Octobre et un virement de 4,4 millions sans bénéficiaire nommé.

Medical Aid for Palestinians

MAP a reçu en 2025 près de 154 986 dollars de l’Islamic Relief Worldwide, classée terroriste par les Emirats et interdite par Israël depuis 2014 pour financement présumé du Hamas. En 2021, le département d’Etat américain a rompu ses liens avec elle, en invoquant l’antisémitisme répété de ses dirigeants. Sa fondatrice, Swee Ang, a raconté à la BBC avoir porté au Liban un « foulard du Hezbollah » et elle a relayé une vidéo de David Duke, ancien dirigeant du Ku Klux Klan, sur la « matrice sioniste » qui contrôlerait médias et banques. Son directeur du plaidoyer, Rohan Talbot, a partagé en 2025 un article intitulé « Israël mène un holocauste à Gaza. La dénazification est notre seul remède ». Une administratrice, Nabila Ramdani, écrit que « Israël cible des personnalités moralement faibles mais bien introduites » pour contrôler la politique britannique, et que « des agents de l’hégémonie israélienne opèrent au cœur de gouvernements souverains ».

Rohan Talbot, directeur du plaidoyer et des campagnes de MAP, a tweeté en novembre 2025 : « Le génocide ne se limite pas à Gaza. Nourri par l’impunité, il progresse (…) avec le même objectif idéologique : l’élimination de la vie palestinienne sur toute la terre de Palestine. » Un rapport israélien présente son responsable administratif à Gaza comme membre des brigades Qassam, ce que MAP dément. L’association est proche de BDS et réclame du gouvernement britannique un embargo complet sur les armes destinées à Israël et la suspension des livraisons de pièces de F-35.

AU ROYAUME-UNI

Le concert londonien de Macklemore suscite une polémique

Il sera le 30 octobre à l’OVO Arena Wembley, mais le « Free Palestine Tour » de Macklemore suscite des réactions en Grande-Bretagne. Le Jewish Leadership Council, qui fédère les institutions juives britanniques, a interpellé Live Nation, organisateur de la tournée, en demandant comment les risques ont été évalués et ce qui sera mis en place pour que le public et le personnel juifs se sentent en sécurité. Le Jewish Chronicle est passé à la charge au sujet des bénéficiaires du concert. La députée conservatrice Rebecca Paul, ministre de la Culture du cabinet fantôme, a dit, elle aussi, attendre des éclaircissements quant à l’usage qui sera fait des bénéfices.

Lord Walney, ancien conseiller du gouvernement britannique sur la violence politique et les perturbations de l’ordre public, a qualifié le concert de « festival de haine » et demandé au ministre de l’Intérieur de « clarifier de toute urgence si la présence de Macklemore au Royaume-Uni sert le bien public ». Ce n’est pas une formule en l’air : c’est la base juridique que le Home Office a utilisée en avril 2026 pour interdire d’entrée Kanye West, en raison de ses propos antisémites et pronazis.

Palestine Children’s Relief Fund

Le PCRF gère l’oncologie pédiatrique de l’hôpital Al-Rantisi, où l’armée israélienne affirme avoir trouvé explosifs et ceintures piégées cachés dans un sous-sol. Le 7-Octobre, l’un de ses administrateurs partageait la vidéo d’un poète appelant à libérer la Palestine « du fleuve à la mer » : « Il est possible de tout libérer. » Quelques jours plus tard, son fondateur, Steve Sosebee, retweetait une vidéo de Gaza disant : « Louange à Dieu qui nous a sauvés des massacres commis par l’occupation sioniste contre le peuple palestinien et nous a donné une nouvelle vie. »

En novembre 2023, Sosebee intervenait à une soirée de Students for Justice in Palestine (SJP), réseau d’activistes du BDS, propageant une rhétorique antisémite, harcelant les étudiants juifs ou sionistes et créant un climat d’intimidation. Elle a rapporté 30 000 dollars au PCRF. A peu près en même temps, sa coordinatrice régionale à Hébron, Amal Al-Haimoni, changeait sa photo de profil sur les réseaux pour un dessin : un homme portant un tablier orné de l’étoile de David, en train de manger ce qui est censé représenter un enfant palestinien, avec une fourchette aux couleurs du drapeau américain et un couteau portant l’inscription « Le silence [du monde] arabe ».

HEAL Palestine

C’est le PCRF bis, fondé fin 2023 par le fondateur du PCRF, Steve Sosebee, avec son épouse, la Dr Zeena Salman, et une partie de l’ancienne direction. Sosebee en parle comme de la « phase liste de Schindler » qui a fait soigner 63 enfants aux Etats-Unis.

En août 2025, HEAL Palestine a pleuré et salué la mort du journaliste Anas al-Sharif et d’autres employés d’Al Jazeera, affirmant qu’« ils étaient des civils qui documentaient leur propre oppression et le génocide ». Le 7-Octobre, al-Sharif publiait sur Telegram : « 9 heures, et les héros parcourent toujours le pays en tuant et en capturant… Dieu, Dieu, que tu es grand. »

Anera

Réputée la plus neutre, elle choisit ses bénéficiaires, selon NGO Monitor, « en coordination » avec les ministères du Hamas. Elle est aussi, selon le Middle East Forum, un partenaire de longue date de Bayader, association qu’il rattache au Hamas et qui, quelques mois avant le 7-Octobre, organisait un événement avec Islamic Relief en présence d’Abdul Salam Haniyeh, responsable du Hamas et fils d’Ismaïl Haniyeh. Le 7-Octobre, selon le Middle East Forum, un employé saluait la « belle matinée » ; un autre appelait à éradiquer les Juifs.

Taawon

Elle finance l’éducation mais, selon NGO Monitor, elle est financée par la Banque islamique de développement, que cet observatoire accuse d’avoir transféré des centaines de millions de dollars au profit du Hamas. Elle compte parmi ses partenaires des comités rattachés au FPLP (UAWC, UHWC).

Gaza Soup Kitchen

Elle sert des repas chauds, et reçoit les dons via un intermédiaire installé dans un pays tiers, puis des changeurs gazaouis qui prélèvent entre 25 et 40 %. Les dons s’évaporent donc en commissions avant d’atteindre une assiette, dans une bande de Gaza administrée par le Hamas.

Glia

Elle fabrique des garrots, et son fondateur, l’urgentiste canadien Tarek Loubani, a été inculpé en 2023 pour avoir aspergé de ketchup la permanence d’un député, Peter Fragiskatos, Le 10 octobre 2023, Glia fait des appels à dons en citant en premier Islamic Relief Canada.

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