La tension monte d’un cran entre la France et l’Algérie
Des restrictions commerciales imposées par Alger aux importations françaises entraînent une nouvelle escalade dans les relations franco-algériennes. Bruxelles est appelée à la rescousse.

Plusieurs sources arabes confirment que l’Algérie a interdit l’exportation vers la France de produits fertilisants, comme l’urée. Le quotidien londonien Al Arabi Al-Jadid, proche des Frères musulmans, précise que « cette décision s’inscrit dans le cadre de la réduction drastiques des importations algériennes de produits français, décidée discrètement fin juillet dernier ».
Selon des sources européennes citées par le quotidien islamo-nationaliste algérien Echorouk, « le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déposé une plainte auprès de l’Union européenne lors d’une réunion du Conseil européen des affaires étrangères tenue le 12 octobre », faisant état de « restrictions commerciales imposées aux marchandises françaises par l’Algérie ». Pour le quotidien, cela « confirme que les relations entre Alger et Paris traversent une nouvelle zone de tension ». Il rappelle que de nombreuses entreprises françaises dépendent des exportations vers l’Algérie.
L’Algérie, cible des médias français ?
Dans ce contexte de fortes tensions, Echorouk dénonce « une vague d’attaques contre l’Algérie qui s’est propagée dans certains grands médias français sur fond de manifestations dans les rues françaises ». « Même Le Figaro, qui s’était abstenu pendant des semaines de cibler l’Algérie, est retombé dans ses travers en accueillant l’ancien ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt, dans un podcast diffusé dans la nuit de samedi à dimanche 25 octobre, et en lui donnant l’occasion d’attaquer l’Algérie sur fond de manifestations, d’incendies et de destructions dans les grandes villes françaises ».
Et d’ajouter : « Bien que l’Algérie ait maintenu sa politique de non-ingérence, et que les associations et organisations représentant la communauté algérienne en France aient demandé à leurs membres de ne pas brandir de drapeaux algériens et de se tenir à l’écart des actes de vandalisme, Driencourt a affirmé que l’Algérie ne peut s’empêcher de se réjouir de voir la France affaiblie par les émeutes, ce que nous avons vu et entendu dans les médias algériens depuis le début des manifestations. »
David Lisnard vs Thomas Portes et Olivier Faure
Pour le quotidien algérien, « le candidat David Lisnard a lui aussi perdu son sang-froid en répondant à une question sur le 17 octobre 1961. Non, je m’en fiche, je m’en moque éperdument. Je n’étais même pas né à l’époque, et depuis, l’Algérie est indépendante ».
Pour Echorouk, « cet incident, qui a suscité une vive indignation en France, notamment de la part du député Thomas Portes (LFI) et du premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure », atteste de la vive tension entre les deux pays.