Elus et collectivités territoriales

Après Trappes, une atmosphère de veillée d’armes

Après l’attentat de Trappes commis par un terroriste d'extrême droite, la présence derrière le maire de la ville d’un islamiste condamné pour avoir appelé à « l’intifada à Paris » fait craindre un durcissement de l’affrontement entre Français.

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Au second plan derrière le maire de Trappes commentant le drame, Elias d’Imzalène, de son vrai nom El Yess Zareli, influenceur et activiste islamiste français, l’un des porte-voix d’Urgence Palestine (capture d’écran).
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Un Français vient de tirer sur la foule à Trappes, ville des Yvelines à très forte population d’origine immigrée et musulmane. Six victimes. Un mort, Pengo Bossio Wangi, cinq blessés dont une fillette de 12 ans qui, à cette heure, lutte pour sa vie. Le terroriste d’extrême droite interpelé rapidement n’a pas caché son mobile raciste, anti-musulman.

La ville de Trappes est sous le choc, on comprend la peur qui saisit ses habitants et l’angoisse qui saisit les Français, déjà très ébranlés par la déferlante du 17 octobre dernier. 

Le maire de la ville, Ali Rabeh, lui-même musulman, souvent suspecté de complicité pro-islamiste exprime son indignation et incrimine (sans le nommer) Eric Zemmour qui a parlé samedi dernier des « hordes arabo-musulmanes » qui, selon lui, se sont livrées aux razzias de commerces parisiens. Zemmour, déjà condamné pour incitation à la haine raciale, a évidement tort de stigmatiser toute une communauté. Mais compte tenu de la part indéniable qu’ont prise des jeunes issus de l’immigration venus des banlieues ghettos dans ces émeutes, il n’est peut-être pas illégitime de questionner la faillite de la politique d’immigration et d’intégration. D’autant que, sous les deux derniers quinquennats, les entrées en France de nouveaux immigrés ont atteint un niveau jamais vu, accentuant les tensions.

Au premier abord, le maire de Trappes apparaît pleinement dans son rôle. Mais une vidéo prise par un passant lors de sa conférence de presse impromptue interroge fortement. Que vient faire, au second plan derrière le premier magistrat de la ville commentant ce drame, Elias d’Imzalène, de son vrai nom El Yess Zareli, influenceur et activiste islamiste français, l’un des porte-voix d’Urgence Palestine ?

Faire plier la République aux exigences islamistes

Un pédigrée édifiant. Né à Versailles il y a 47 ans, fiché S, formé à l’école de l’extrême droite soralienne, proche de Dieudonné. En 2015, lors d’une perquisition à son domicile, les gendarmes y trouvent un exemplaire de « Mein Kampf ». Il passe progressivement (comme Soral lui-même d’ailleurs) à l’autre extrême et s’affiche désormais régulièrement aux côtés de députés LFI, Rima Hassan, Thomas Portes ou encore Ersilia Soudais. Il est exemplaire de la dérive de ce parti. Un militant islamiste identitaire, antisémite, qui appelle les musulmans à se constituer en « contre-société ».

Il lutte contre « l’islamophobie », dont il a une définition particulière qu’il s’emploie à populariser dans la jeunesse musulmane : « tout ce qui entrave la construction et le développement de la communauté (musulmane), son expression visible et politique en France ou ailleurs ». Un programme clair : un chantage au racisme pour faire plier la République devant les exigences islamistes.

Pour lui, les responsables de cette islamophobie sont avant tout les « maçons et les sionistes, dans l’indifférence du pouvoir acquis à certains lobbys ». Et ce combat, spécialement depuis octobre 2023, il le mène bien sûr au nom de la Palestine.

En septembre 2024, lors d’une manifestation pour Gaza, il enflamme la foule en lui enjoignant à se préparer à « l’intifada à Paris », propos pour lequel il a été condamné en première instance à cinq mois de prison avec sursis.

Dès lors la question se pose, qui n’est en aucune façon ni une explication ni une justification du carnage perpétré à Trappes par un tueur raciste d’extrême droite : dans cette horde de pilleurs casseurs incendiaires de samedi 17 octobre, combien répondaient à l’appel d’Imzalène ?

Et surtout : que vient faire cet individu auprès d’un élu de la République en ce jour tragique ? Qui l’a invité ? Faut-il y voir un message même subliminal ?

Arrive ensuite Emmanuel Macron à Trappes pour y porter un message de soutien républicain et universaliste (mais en oubliant les victimes françaises chrétiennes ou juives des nombreux attentats commis en France depuis 45 ans et spécialement depuis 25 ans, en s’en excusant plus tard dans un post sur X). Macron n’a pas vu Imzalène, à qui on avait sans doute entretemps demandé de se faire discret à l’arrivée du chef de l’Etat.

Du côte à côte au face à face

Il n’a pas vu, comme il n’avait pas entendu l’avertissement que lui lançait Gérard Collomb, son ministre de l’Intérieur avant de démissionner, en septembre 2018, pour retourner, dépité, et mourir dans sa ville tant aimée de Lyon.

Collomb actait ainsi, lors de la passation de pouvoir, son divorce politique avec Emmanuel Macron dont il fut l’un des premiers soutiens venus du PS, dès 2016 : « Aujourd’hui nous vivons côte à cote ; je crains que demain on ne doive vivre face à face. »

Ce testament politique était un peu sibyllin. Il s’en expliquera seulement en 2022, pour ne pas nuire à la réélection d’Emmanuel Macron contre Marine Le Pen. Son désaccord fondamental, expliquera-t-il, portait évidement sur la politique d’immigration du Président qu’il jugeait laxiste, voire irresponsable.

Contrairement à Macron, qui n’avait jamais eu aucun mandat électroral avant la présidentielle, l’expérience de Collomb était enracinée dans le « terrain ». Maire de Lyon, il avait longtemps bataillé contre les revendications communautaires et l’entrisme frériste. Son passage à Beauvau l’avait définitivement convaincu de la gravité du mal qui ronge la société française.

Collomb est mort d’un cancer fulgurant en 2023. S’il était encore là, il constaterait que nous y sommes bien : face à face.

Macron implore les Français de rester côte à côte, c’est louable. Ce qui l’est moins, c’est sa désormais fâcheuse habitude à tordre la vérité pour la conformer à une vision du monde, de la société française obscurcie, iréniste.

Quelle France veut-il défendre, lui qui disait qu’il « n’y a pas de culture française » ?

Viendra peut-être, demain, un sursaut salutaire d’union nationale. Mais en tout cas, après les scènes terribles de la semaine dernière (que Macron a, par opportunisme, cherché à minimiser en invoquant des images d’IA), après le carnage de Trappes par un terroriste raciste d’extrême droite, si ce n’est pas la guerre civile, comment ne pas penser que l’heure est venue du face à face et sent même la veillée d’armes ?

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