Etats-Unis | midterms 2026

En Israël, la défaite de Trump n’est pas le mot de la fin

ANALYSE - Israël se préparait à la défaite de Trump aux élections de mi-mandat, mais ne l’imaginait pas aussi lourde.

Commenter
Donald Trump et Benyamin Netanyahou à la Maison Blanche le 29 septembre 2025 (Demetrius Freeman/The Washington Post via Getty Images).
Écouter cet article
00:00 / 03:14

En Israël, on connaissait le positionnement hostile des « nouveaux démocrates », mais on gardait espoir. Au Michigan par exemple, on espérait que la mobilisation des communautés juives empêcherait le radical antisioniste Abdul al-Sayed de devenir le premier sénateur musulman de l’Histoire. Dans le Maine, on aurait aimé une énième réélection de Suzanne Collins en lieu et place de Troy Jackson, soutien inconditionnel de la cause palestinienne.

Mais il n’en a pas été ainsi. Et, cerise sur le gâteau, le président Trump a choisi le jour du scrutin pour annoncer l’arrêt de ses versements annuels de 4 milliards de dollars à l’Etat hébreu. « D’un commun accord avec Netanyahou », a-t-il précisé. A Jérusalem, on a bien compris que cette annonce était surtout destinée à rassurer un électorat républicain à tendance isolationniste, qui refuse lui aussi de régler l’ardoise israélienne. En vain.

Lueur d’espoir pour l’opposition israélienne

Pour l’actuelle opposition, la victoire sans appel des démocrates américains est un signe encourageant à long terme. Dans l’immédiat, elle devrait, selon Yaïr Lapid, sonner le glas d’un gouvernement d’union nationale sous la direction de Netanyahou. Quant à Yaïr Golan, leader des Démocrates israéliens, il considère que le maintien au pouvoir de Netanyahou risque d’accentuer encore davantage la situation d’isolement dans laquelle l’État d’Israël se trouve actuellement.

Plus librement et crûment, des membres du parti démocrate israélien ont écrit sur les réseaux sociaux : « Il a fallu deux ans aux Américains pour découvrir qu’ils avaient élu un psychopathe et ils l’ont balayé. Les Israéliens ont son clone depuis 19 ans mais ils n’ont pas encore compris »…

ANALYSE

Le Rubik’s Cube de l’identité israélienne

Les urnes ont mis à nu le nouveau dilemme d’Israël : sionisme et antisionisme. Les lignes se croisent en tous sens.

Dans l’entourage de Netanyahou, on accuse le coup, même si on ne le dit pas. En une semaine, le Premier ministre a subi deux revers conséquents : il n’a pas remporté les législatives du 27 octobre et voit désormais son principal allié le rejoindre au sein de la confrérie des canards boiteux. Avec un camouflet d’une ampleur déterminante : un échec relatif aurait été supportable ; cette déroute risque de fragiliser le président américain et de remettre en cause le principe même d’un troisième round dans la confrontation avec l’Iran.

Netanyahou entend se battre sur deux fronts

Le Premier ministre n’est pas du genre à baisser les bras. Et il entend se battre sur les deux fronts, israélien et américain. Lui qui connaît la partition américaine sur le bout des doigts sait pertinemment que Trump reste maître de la politique étrangère des Etats-Unis. Qui plus est, il n’oublie pas que le nouveau Congrès ne prendra ses fonctions qu’en janvier prochain. Ce qui laisse deux bons mois pour sceller le sort du régime des mollahs et peut-être même pour élargir les accords d’Abraham.

Il est vrai qu’il sera désormais plus difficile à Netanayou de manœuvrer dans l’environnement politique actuel en Israël. Mais le Premier ministre garde espoir. Il sait que, dans tous les cas de figure, il restera encore en fonction pendant plusieurs semaines, avant qu’Azencot ne vienne le remplacer ou, plus encore, si Israël devait se projeter vers de nouvelles élections ou finalement se diriger vers un gouvernement d’union nationale. En politique israélienne, c’est toute une éternité !

Commentaires
Commentaire
La lecture des commentaires est ouverte à tous. Connectez-vous pour publier un commentaire.
Se connecter pour commenter