Israël vote, le Hezbollah s’arme et le Liban attend la tempête
Les Libanais retiennent leur souffle en attendant le verdict des urnes en Israël, sans être convaincus que le résultat des élections leur apportera des jours meilleurs. Le cœur du problème demeure le Hezbollah.

« Quel que soit le résultat des élections israéliennes, l’équation concernant la sécurité des colonies du nord demeure inchangée. Le désarmement du Hezbollah restera une priorité absolue, primant tout changement de gouvernement à Tel-Aviv, même si cela implique la poursuite des affrontements », tranche Nidaa Al-Watan.
Pour le quotidien souverainiste libanais, « un changement de direction ne remettra pas en cause le consensus israélien sur la nécessité de mettre un terme à la capacité du Hezbollah de menacer les frontières et d’imposer des décisions de guerre et de paix ».
La guerre… ou la guerre
Citant une source officielle libanaise, le quotidien ajoute cependant que l’issue du scrutin israélien « aura un impact direct sur le Liban, même si la politique israélienne générale reste inchangée ».
« Netanyahu a promis à ses électeurs de poursuivre la guerre contre l’Iran et ses alliés, notamment le Hezbollah, tandis qu’une victoire de Gadi Eisenkot pourrait déclencher une surenchère pour prouver sa capacité à mener des guerres et à atteindre ses objectifs. Par conséquent, le Liban entre dans une phase nouvelle et potentiellement plus dangereuse, d’autant plus que le Hezbollah maintient sa politique. »
Pendant ce temps, le Hezbollah se prépare
Le parti de Dieu reconstitue ses capacités, réorganise ses structures de commandement et de contrôle, effondrées pendant les combats, et se prépare à une possible reprise des hostilités.
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Il utiliserait des dizaines de millions de dollars iraniens pour renforcer ses capacités militaires, notamment en acquérant des explosifs et en produisant des drones d’attaque. « C’est là que réside le dangereux paradoxe, précise le quotidien : alors que le Liban est censé consolider le cessez-le-feu et garantir un retrait israélien sans entrave, le Hezbollah s’attache à reconstruire ses capacités militaires et à se préparer à une éventuelle reprise des combats. »
C’est en tout cas ce que déclarent les responsables du Hezbollah, comme Ali Ammar, Mohamed Raad ou encore Hassan Fadlallah, qui réitèrent « leur attachement à la Résistance et donc à leurs armements ».